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L’Albanie face à un déluge de déchets après les intempéries

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Les pluies diluviennes de début janvier ont mis en lumière une pollution plastique massive, révélant les failles structurelles de la gestion des déchets dans le pays.

Les paysages albanais portent désormais les stigmates d’une double catastrophe. Après les précipitations exceptionnelles qui ont frappé le territoire, inondant des milliers d’habitations et de terres agricoles, une marée de détritus a émergé des eaux en retrait. Les berges des cours d’eau, notamment à Durrës, sont ensevelies sous des amas de bouteilles, de sacs et d’emballages divers, obstruant les lits fluviaux et menaçant le littoral adriatique.

Ce phénomène spectaculaire met en exergue une problématique environnementale chronique. Les spécialistes pointent l’absence d’une politique publique efficace de recyclage, un système qui ne permettrait de traiter qu’une fraction infime des déchets produits. La grande majorité se retrouverait ainsi dans la nature, aggravée par des décennies de rejets de gravats issus du secteur de la construction, qui réduisent la capacité d’écoulement des rivières.

La situation dépasse le cadre d’un simple problème visuel. Des rapports d’organisations non gouvernementales classent certains bassins versants albanais parmi les plus contaminés d’Europe, avec des taux de métaux lourds dépassant largement les normes communautaires. Cette pollution diffuse affecte l’ensemble des écosystèmes, des sols à l’air, avec des répercussions potentielles sur la santé publique.

L’épisode a provoqué une vive controverse politique. L’opposition dénonce une gestion défaillante des crues et réclame des mesures d’urgence, tandis que le gouvernement évoque avant tout des comportements individuels irresponsables. En toile de fond, des projets d’infrastructures de traitement des déchets, promis depuis des années, n’ont toujours pas abouti, certains faisant l’objet d’enquêtes pour corruption.

Les conséquences de cette crise pourraient dépasser les frontières nationales. Les courants marins risquent d’entraîner une partie de ces détritus vers les côtes voisines, comme cela a déjà été observé plus au nord sur le littoral croate. Face à cette urgence, les autorités albanaises affirment vouloir durcir leur législation environnementale, une nécessité impérieuse à l’heure où les événements climatiques extrêmes se multiplient.

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