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L’aide internationale américaine sacrifiée sur l’autel des restrictions budgétaires

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Des centaines de tonnes de vivres détruites et des programmes vitaux suspendus illustrent l’impact des coupes drastiques décidées par Washington.

La décision des autorités américaines de réduire massivement leur aide au développement produit des effets concrets et préoccupants. Près de 500 tonnes de biscuits énergétiques, initialement destinés à combattre la malnutrition infantile en Afghanistan et au Pakistan, ont dû être incinérées après avoir dépassé leur date de péremption. Cet épisode, révélé par des responsables gouvernementaux, intervient dans un contexte de restrictions sans précédent des financements internationaux.

Le Sénat américain a récemment adopté un projet de loi supprimant près de 9 milliards de dollars d’allocations prévues, dont une large partie était consacrée à l’assistance humanitaire. Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large visant à restructurer, voire à démanteler, certaines agences fédérales. L’USAID, principale structure américaine dédiée au développement, a ainsi été intégrée au Département d’État après six décennies d’existence indépendante.

Les conséquences de ces choix se font déjà sentir sur le terrain. Plusieurs programmes des Nations unies, notamment ceux liés à l’enfance, au développement ou à la santé reproductive, subissent des réductions substantielles de leurs financements. Une étude récente publiée dans *The Lancet* estime que ces coupes pourraient entraîner, d’ici 2030, plus de 14 millions de décès supplémentaires parmi les populations les plus fragiles, dont un tiers d’enfants.

Les organisations humanitaires dénoncent une rupture dangereuse. « Ce n’est pas un simple recul temporaire, mais un démantèlement systémique à un moment critique », souligne une responsable d’une ONG internationale. Des projets essentiels, comme l’amélioration des réseaux d’eau potable en République démocratique du Congo, ont été brutalement interrompus.

Cette situation survient parallèlement à une restructuration profonde de la diplomatie américaine, marquée par des licenciements massifs au sein du Département d’État et la fermeture de plusieurs missions à l’étranger. Si l’administration justifie ces mesures par la lutte contre le gaspillage et la priorité donnée aux intérêts nationaux, les observateurs s’inquiètent d’un retrait américain qui laisse un vide préjudiciable dans des régions déjà fragilisées.

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