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L’accord de Bougival publié au JO malgré le rejet des indépendantistes

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La principale formation indépendantiste de Nouvelle-Calédonie dénonce une « stratégie de manipulation » de l’État français, tandis que le gouvernement assure poursuivre la mise en œuvre du texte.

L’Union calédonienne, principale composante du Front de libération nationale kanak et socialiste, a vivement condamné la publication au Journal officiel de l’accord de Bougival. Dans un communiqué rendu public dimanche, le parti indépendantiste qualifie cette démarche de manœuvre destinée à imposer un texte qu’il avait pourtant rejeté en août dernier. Il accuse le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, de persister dans une logique unilatérale, contraire selon lui aux aspirations du peuple kanak.

Le texte, issu de négociations tenues en juillet et initialement approuvé par l’ensemble des participants, avait été désavoué quelques semaines plus tard par les militants du FLNKS. Ceux-ci estimaient que son contenu trahissait les fondements historiques de la lutte indépendantiste. Plusieurs rencontres organisées fin août à Nouméa n’ont pas permis de rapprocher les points de vue.

Du côté gouvernemental, on se félicite au contraire de cette publication, présentée comme une étape indispensable vers la concrétisation de l’accord. Elle ouvre notamment la voie à l’examen par le Sénat d’une proposition de loi organique visant à reporter les élections provinciales à juin 2026. Le texte prévoit également l’élargissement du corps électoral, une question éminemment sensible qui avait contribué à la crise de 2024.

L’Union calédonienne conteste la légitimité même du document, soulignant que les signataires initiaux ne sont pas identifiés et que son contenu manquerait de clarté. Elle dénonce des méthodes qu’elle juge colonialistes et contraires à l’esprit de l’accord de Nouméa.

L’accord de Bougival doit faire l’objet d’une consultation référendaire au début de l’année 2026. Son adoption nécessite une révision constitutionnelle devant être examinée par le Parlement réuni en Congrès avant la fin de l’année. Manuel Valls a réaffirmé dimanche son attachement à ce calendrier, tout en reconnaissant les risques persistants d’instabilité, évoquant la possibilité de tensions civiles.

Si le FLNKS reste opposé au texte, celui-ci continue de recevoir le soutien des autres formations politiques calédoniennes, y compris certains indépendantistes. Le ministre a appelé à la poursuite du dialogue, tout en regrettant la radicalisation récente d’une partie du mouvement indépendantiste.

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