Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

La Turquie retient un bébé gorille, suscitant la controverse internationale

Article

le

La décision d’Ankara de maintenir le primate dans un zoo plutôt que de le réintroduire dans son milieu naturel provoque l’incompréhension des défenseurs de l’environnement.

La directrice d’un sanctuaire animalier nigérian a qualifié d’illogique le choix des autorités turques de conserver un jeune gorille initialement destiné à être rendu à la vie sauvage. Le primate, découvert il y a plusieurs mois dans les soutes d’un avion à l’aéroport d’Istanbul, devait être accueilli au Nigeria avant un processus de réintroduction dans son habitat naturel. Les services de conservation turcs avaient engagé cette procédure avant de l’interrompre suite à des analyses génétiques établissant que l’animal n’appartenait pas à une espèce originaire du Nigeria.

La Fondation Pandrillus, qui œuvrait en partenariat avec les autorités nigérianes, s’apprêtait à recevoir le jeune gorille pour lui offrir une réhabilitation progressive aux côtés d’un autre spécimen de la même sous-espèce. Le projet prévoyait ensuite le transfert des deux primates vers une réserve d’Afrique centrale. La représentante de l’organisation a exprimé sa profonde déception, soulignant que la position turque contrevient aux engagements internationaux en matière de protection des espèces menacées.

Le gouvernement turc justifie sa décision par les dispositions de la Convention sur le commerce international des espèces menacées, arguant que l’origine non nigériane du gorille légitime son maintien sur le territoire national. Cette interprétation est vivement contestée par les spécialistes de la conservation, qui rappellent que la priorité devrait être la réinsertion de l’animal dans un environnement adapté à ses besoins biologiques.

Parallèlement, le sanctuaire nigérian a annoncé qu’il entamerait prochainement le processus de libération d’un autre gorille dont il assurait la garde. Cette accélération du programme de réintroduction constitue une réponse directe à la décision turque. Les trafics de grands singes connaissent une recrudescence inquiétante, les jeunes gorilles étant particulièrement recherchés pour leur docilité et leur facilité de transport, alimentant un commerce illégal à des fins de divertissement ou de possession privée.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus