Monde
La Syrie de Chareh, un an après : le pari de la réconciliation nationale
Le président syrien a prononcé un discours fondateur à l’occasion des commémorations du changement de régime, appelant à l’unité et promettant une justice transitionnelle, dans un pays encore fracturé et en reconstruction.
Le pays a marqué, par des festivités populaires et des cérémonies officielles, le premier anniversaire de la transition politique. Dans la capitale, une foule importante a célébré dans une ambiance de liesse, agitant des drapeaux nationaux sous un ciel illuminé par des feux d’artifice. Le chef de l’État, Ahmad al-Chareh, s’est exprimé devant les représentants des institutions, évoquant une nouvelle ère pour la nation.
Lors de son allocution, le président a insisté sur la nécessité de tourner la page d’une période qualifiée de despotique. Il a placé la justice, la bienveillance et la coexistence au cœur des principes devant guider la refondation de l’État. Il a formellement réaffirmé l’engagement des autorités à mettre en œuvre une justice transitionnelle, afin que les responsables d’exactions passées répondent de leurs actes devant la loi.
Cette promesse intervient dans un contexte de défis persistants. Le pays, sortant de plus d’une décennie de conflit, reste confronté à des tensions communautaires, notamment dans des régions habitées par des minorités. La question des disparus et l’exigence de vérité de leurs familles constituent un dossier sensible pour les nouvelles autorités. Parallèlement, la situation économique et les infrastructures délabrées pèsent sur le quotidien des Syriens, malgré un retour à une sécurité relative salué par une partie de la population.
Sur la scène internationale, la diplomatie syrienne a connu une réactivation notable, avec plusieurs déplacements du président à l’étranger et un rapprochement avec d’anciens adversaires. Cette réintégration diplomatique contraste avec les difficultés internes, pointées par des organisations internationales. Celles-ci ont tout à la fois salué les progrès accomplis et exprimé des préoccupations concernant des violences persistantes et la lenteur du processus de réconciliation nationale.
Des signes de dissensions ont d’ailleurs marqué les commémorations. Un appel à la grève a été suivi dans certaines zones côtières, reflétant le mécontentement d’une frange de la population. Dans les régions du nord-est sous administration kurde, les autorités locales ont, par précaution, interdit tout rassemblement public, illustrant les fragilités sécuritaires et les blocages politiques qui entravent encore l’unification du territoire.
Le chemin vers une stabilité durable et une réelle cohésion nationale s’annonce complexe. La capacité du gouvernement à traduire ses engagements en actions concrètes, à apaiser les mémoires blessées et à répondre aux attentes socio-économiques sera déterminante pour l’avenir du pays.
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