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La salinisation des eaux met en péril l’agriculture irakienne

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Dans le sud de l’Irak, l’augmentation sans précédent de la salinité des eaux transforme les terres agricoles en zones improductives, contraignant les populations rurales à un exode forcé.

Les agriculteurs des marais mésopotamiens font face à une dégradation accélérée de leurs ressources hydriques. La concentration saline dans la province de Bassora a été multipliée par onze en un an, rendant l’eau impropre à la consommation humaine et animale. Cette évolution rapide compromet les cultures traditionnelles et l’élevage, piliers de l’économie locale.

Les observations techniques confirment une situation exceptionnelle. Les relevés effectués dans le Chatt al-Arab, confluent du Tigre et de l’Euphrate, indiquent des taux de salinité approchant ceux de l’eau de mer. Ce phénomène résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs. La diminution du débit fluvial, attribuée au changement climatique et aux aménagements en amont, permet aux eaux salées du Golfe de remonter dans les terres.

Les conséquences socio-économiques sont déjà visibles. De nombreuses familles d’agriculteurs, dont certaines vivent dans ces zones depuis des générations, se voient contraintes à l’abandon de leurs terres. Les pertes dans les élevages avicoles et bovins se multiplient, tandis que les arbres fruitiers dépérissent faute d’irrigation adaptée. Les pêcheurs signalent également une raréfaction des prises dans ces eaux devenues hostiles à la faune aquatique.

Face à cette crise, les solutions peinent à se concrétiser. Les projets de désalinisation annoncés par les autorités tardent à se matérialiser, alors que les systèmes d’irrigation existants montrent leurs limites. Les déplacements de population liés aux conditions environnementales se intensifient, posant des défis supplémentaires en matière d’organisation territoriale et de cohésion sociale.

Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontées les régions agricoles dans un contexte de raréfaction des ressources en eau douce. L’avenir des communautés rurales irakiennes dépendra de la capacité à mettre en œuvre des solutions durables pour préserver les écosystèmes et les activités économiques traditionnelles.

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