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Politique

La rupture Macron-Attal, chronique d’une défiance annoncée

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Le président et son ancien Premier ministre s’opposent désormais ouvertement, cristallisant les tensions au sein de la majorité et dessinant les contours d’une succession incertaine.

Les dissensions entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal, désormais publiques, révèlent une fracture profonde au sommet de l’exécutif. Alors que le chef de l’État, empêché de se représenter, tente de conserver la main sur l’agenda politique, son ancien Premier ministre incarne une ambition autonome, nourrie par l’idée d’une candidature en 2027. Cette rivalité, qui s’est construite par étapes, s’est notamment manifestée lors d’un événement des Jeunes avec Macron en juillet dernier, où le président a publiquement rabroué ceux qui « ne pensent qu’à 2027 », un message perçu comme une humiliation ciblée envers M. Attal.

Les tensions remontent à la nomination de ce dernier à Matignon, décision pourtant personnelle d’Emmanuel Macron, mais qui n’a pas résisté à l’épreuve des crises. Dès les premières semaines, des divergences opérationnelles et stratégiques sont apparues, notamment lors du Salon de l’Agriculture, où la gestion contrastée de la crise a accentué la défiance. L’épisode de la dissolution de l’Assemblée nationale a constitué un point de rupture. Gabriel Attal, tenu à l’écart de la décision, a dû gérer une campagne législative marquée par des positions contradictoires sur le front républicain, certains au sein de l’exécutif œuvrant même contre les consignes de retrait face au Rassemblement national.

Depuis, les échanges directs entre les deux hommes sont quasi inexistants. Chaque camp se renvoie la responsabilité de l’éloignement. Les partisans du président estiment que M. Attal a choisi de s’émanciper trop tôt, oubliant sa dette politique. De son côté, l’entourage de l’ancien Premier ministre dénonce une forme de sabotage permanent de son autorité, y compris au sein du parti Renaissance, où Emmanuel Macron continuerait d’interférer.

La recomposition politique en cours, symbolisée par la formation du gouvernement Bayrou et l’absence des proches de M. Attal dans l’équipe ministérielle, confirme cette distanciation. L’ancien chef du gouvernement multiplie désormais les initiatives autonomes, organisant des conventions thématiques et affichant des positions parfois déroutantes pour ses alliés, comme sur la question du voile aux mineures ou de la GPA. Une stratégie qui vise à construire une stature présidentielle, mais qui se heurte à un héritage encombrant. Beaucoup doutent qu’il puisse incarner une alternative crédible, tant son image reste associée à celle de son créateur. La bataille de la succession est ouverte, et elle se joue déjà dans l’ombre du pouvoir.

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