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La Republika Srpska choisit son nouveau président dans un scrutin transitoire

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Les électeurs de l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine se sont rendus aux urnes ce dimanche pour désigner le successeur de Milorad Dodik, après son éviction du pouvoir à l’issue d’une longue période d’instabilité politique.

Les bureaux de vote ont accueilli les citoyens de la Republika Srpska pour une élection présidentielle anticipée, organisée à la suite de la destitution de l’ancien dirigeant Milorad Dodik. Ce scrutin, qui ne remet pas en cause la tenue des élections générales prévues pour 2026, désignera un chef de l’État pour une mandature d’un an seulement.

Six candidats étaient en compétition, mais l’attention s’est principalement portée sur deux figures. D’un côté, Sinisa Karan, ancien ministre de l’Intérieur et proche collaborateur de M. Dodik, apparaissait comme le favori. Face à lui, Branko Blanusa, universitaire relativement peu connu, bénéficiait du soutien des formations d’opposition.

Ce vote intervient après plusieurs mois de tensions institutionnelles marquées par les prises de position sécessionnistes de l’ancien président. La crise avait atteint son paroxysme avec la condamnation de M. Dodik pour non-respect des décisions du Haut représentant international, une juridiction qui lui a valu une interdiction d’exercer des fonctions publiques.

Le contexte politique reste marqué par l’influence persistante de l’ancien dirigeant, qui a explicitement présenté la candidature de M. Karan comme un prolongement de sa propre action. Durant la campagne, il a réaffirmé sa vision d’une Bosnie-Herzégovine comme État ingouvernable, tout en maintenant ses revendications concernant la reconnaissance internationale de la Republika Srpska.

Dans les rues de Banja Luka, la capitale de l’entité, de nombreux électeurs exprimaient un sentiment de résignation face à la classe politique. Certains citoyens interrogés évoquaient leurs difficultés économiques et leur scepticisme quant à la capacité du scrutin à changer leur quotidien. Le désenchantement semblait palpable chez une partie de la population, partagée entre l’accomplissement de son devoir civique et la conviction que les réalités sociales demeureront inchangées.

Les observateurs politiques estiment que ce scrutin, bien que limité dans sa portée temporelle, pourrait influencer les équilibres futurs au sein de cette composante essentielle de la Bosnie-Herzégovine. La Republika Srpska reste l’une des deux entités autonomes qui composent le pays, avec la fédération croato-musulmane, dans le cadre des accords de paix de Dayton.

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