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La renaissance des vignes du monastère de Latroun, symbole de résilience

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Au cœur d’Israël, des moines et bénévoles unissent leurs efforts pour redonner vie à un patrimoine viticole menacé par les flammes.

Sous un soleil ardent, une scène inhabituelle se déroule dans l’enceinte du monastère trappiste de Latroun, à l’ouest de Jérusalem. Des hommes et des femmes, genoux dans la terre, s’affairent à planter de jeunes pousses de vigne. Parmi eux, le père Christian-Marie, vêtu d’une salopette, partage ce moment de labeur avec une poignée de bénévoles venus répondre à son appel. Ces nouvelles plantations remplacent celles réduites en cendres lors des incendies qui ont frappé la région fin avril dernier.

Fondé il y a plus d’un siècle par des moines français, ce lieu de prière et de silence tire une partie de ses ressources de la viticulture, une tradition ancrée dans son histoire. Les flammes ont détruit près d’un tiers des vignobles, soit cinq hectares, mettant en péril une activité essentielle à la communauté. Mais loin de se résigner, les religieux y voient une occasion de renouveau. « Planter aujourd’hui, c’est croire en demain », confie le père Christian-Marie, pour qui ce geste incarne l’espérance malgré les incertitudes.

Les volontaires, issus de diverses origines, travaillent avec une attention minutieuse. Noga Eshed, une septuagénaire de Tel-Aviv, évoque avec émotion ce retour à la terre, rare dans un monde de plus en plus urbanisé. « Ici, on retrouve un lien perdu avec la nature », murmure-t-elle en ajustant un plant. Les moines, reconnaissants, supervisent les opérations avec sérénité, distribuant outils et conseils.

L’incendie d’avril avait contraint les occupants du monastère à une évacuation précipité, une épreuve pour ces hommes habitués à la stabilité de leur retraite spirituelle. Si les bâtiments ont été épargnés, les terres agricoles n’ont pas eu cette chance. Outre les vignes, un millier d’oliviers sur les cinq mille que compte le domaine ont été consumés. Les dégâts sont tels que la production d’huile, autre pilier économique, sera nulle cette année.

Malgré ces pertes, l’esprit de reconstruction prévaut. Le frère Athanase, l’un des plus anciens résidents, garde foi en l’avenir. « Nous avons traversé des épreuves, mais la terre se régénère », assure-t-il. Dans les rangs des jeunes plants, le père Aloïs contemple ce nouveau départ, conscient des défis à venir. « Nous faisons ce qui est en notre pouvoir, le reste appartient à Dieu », conclut-il, résumant la philosophie de cette communauté tournée vers la patience et la confiance.

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