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La protection des mineurs en ligne, un casse-tête technique et réglementaire

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Alors que le gouvernement envisage d’interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans, les acteurs du numérique s’opposent sur la méthode à adopter pour vérifier l’âge des utilisateurs, chacun renvoyant la responsabilité à un autre maillon de la chaîne.

Le cadre législatif européen, avec l’entrée en vigueur du règlement sur les services numériques, place clairement la charge de la protection des jeunes publics sur les plateformes elles-mêmes. Ces dernières devraient, en théorie, s’assurer de la majorité de leurs utilisateurs au moment de l’inscription. Cette approche s’inspire du modèle déjà appliqué en France pour l’accès aux contenus pour adultes, lequel requiert une justification de l’âge via une application spécifique ou une pièce d’identité.

Ce système présente néanmoins des failles notables. Des observateurs pointent l’émergence de sites alternatifs, moins contrôlés, vers lesquels se tournent certains internautes. La question de la protection des données personnelles se pose également, une généralisation de la vérification impliquant que des millions d’utilisateurs partagent une information sensible. L’enjeu est considérable au regard de l’audience des principaux réseaux sociaux en France, qui se compte en dizaines de millions d’utilisateurs mensuels.

Face à cette obligation, plusieurs stratégies s’affrontent. Certaines plateformes sociales plaident pour un contrôle effectué en amont, au niveau des magasins d’applications d’Apple et de Google. Cette centralisation, selon elles, simplifierait la tâche des parents et garantirait une forme d’uniformité. Les géants de la distribution d’applications rejettent cette proposition, arguant qu’elle créerait un sentiment de sécurité trompeur et déchargerait les éditeurs de leurs obligations de modérer leurs propres services en fonction des tranches d’âge.

D’autres voix, issues notamment des fabricants de terminaux, estiment que la responsabilité devrait incomber aux fournisseurs d’accès à internet, via les abonnements mobiles ou les box. Enfin, une piste consiste à agir au moment de l’acquisition du matériel, en rendant systématiques les outils de contrôle parental pré-installés. Une loi récente a initié cette démarche, bien que l’activation de ces dispositifs reste pour l’heure facultative et que leur efficacité soit limitée face à la navigation via un navigateur web standard. Le débat, technique et éthique, reste donc largement ouvert.

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