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La pression des pesticides pèse sur les populations aviaires françaises

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Une vaste étude scientifique établit un lien direct entre les ventes de produits phytosanitaires et le déclin de la plupart des espèces d’oiseaux communs, y compris celles fréquentant occasionnellement les terres agricoles.

La corrélation est désormais établie de manière robuste. Dans les territoires où les achats de pesticides sont les plus importants, l’abondance de la majorité des oiseaux communs est significativement plus faible. Cette conclusion émane d’une recherche française qui a croisé des données de vente locales de plus de deux cents substances actives avec les observations, issues de sciences participatives, de soixante-quatre espèces aviaires.

Les résultats, publiés dans une revue scientifique de référence, sont sans appel. Pour plus de huit espèces sur dix, les chercheurs ont constaté une relation inverse entre le volume de pesticides et le nombre d’oiseaux. L’étude souligne des effets négatifs étendus de la contamination environnementale sur la biodiversité. Elle insiste sur la nécessité d’une réduction de l’usage de ces produits pour atténuer les pertes actuelles.

L’originalité de ce travail réside dans son approche globale. Il ne se limite pas aux oiseaux strictement inféodés aux milieux agricoles, mais inclut également des espèces comme les mésanges ou le rossignol, qui utilisent ces espaces de façon plus occasionnelle pour se nourrir ou nicher. Les scientifiques ont par ailleurs intégré dans leurs modèles d’autres facteurs susceptibles d’influencer les populations, tels que la structure des paysages ou l’emploi d’engrais, afin d’isoler spécifiquement l’impact des pesticides.

Les auteurs se disent confiants dans la solidité de leurs conclusions, renforcées par un échantillonnage couvrant l’ensemble du territoire métropolitain et donc une grande diversité de contextes agricoles. Ces résultats viennent confirmer et préciser des travaux antérieurs qui pointaient déjà l’intensification agricole comme principale cause du déclin aviaire en Europe.

Face à ces constats, les appels à une transition agricole se font plus pressants. Les défenseurs de l’environnement plaident pour une réduction massive et effective des intrants chimiques et un soutien accru aux pratiques agroécologiques. Ils rappellent que les oiseaux, souvent considérés comme des indicateurs de l’état de santé global des écosystèmes, sonnent l’alerte sur l’érosion du vivant. La question de l’articulation entre les impératifs de production agricole et la préservation de la biodiversité reste plus que jamais d’actualité.

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