Monde
La peur des rapts fracture le tissu social nigérian
L’insécurité endémique dans les régions centrales et nord-ouest du pays contraint de nombreux habitants à renoncer à tout déplacement, isolant les familles et érodant les traditions communautaires.
Abubakar Abdullahi n’a pas revu les siens depuis près de trois mois. Ce fonctionnaire, établi à Minna, capitale de l’État de Niger, ne se risque plus à parcourir les deux cents kilomètres le séparant de sa femme et de ses cinq enfants, restés à Kontagora. Comme lui, de nombreux résidents des zones urbaines évitent désormais de se rendre dans leurs villages d’origine, redoutant de tomber entre les mains de groupes criminels qui sévissent dans les campagnes. Les communications se limitent à des appels téléphoniques et des transferts d’argent, remplaçant les visites et les retrouvailles.
L’enlèvement, en novembre dernier, de plus de trois cents élèves et enseignants dans un pensionnat de Papiri, localité proche de Kontagora, a exacerbé un sentiment d’insécurité déjà ancré. L’expérience traumatisante vécue par la famille d’Abubakar Abdullahi, dont le frère aîné fut retenu captif pendant trois mois contre rançon en 2022, illustre les risques encourus. Cette menace pèse lourdement sur les dynamiques sociales. Mamman Alassan, installé à Minna depuis trois ans, confie ne plus être retourné dans son village du district de Shiroro, une prudence partagée par beaucoup.
L’État de Niger, vaste territoire aux dimensions comparables à celles de la Belgique, présente une diversité religieuse et culturelle où musulmans et chrétiens cohabitent traditionnellement. Les bandes criminelles, communément appelées « bandits », ciblent indistinctement les populations, quelle que soit leur confession. Le père James David Gaza, prêtre catholique à Minna, observe avec inquiétude la dégradation des liens familiaux et communautaires. Les cérémonies de mariage, les baptêmes ou les funérailles, moments forts de la vie sociale, voient leur fréquentation chuter drastiquement, les habitants des campagnes n’osant plus se déplacer et ceux des villes renonçant à s’y rendre.
La stratégie des ravisseurs s’appuierait sur des réseaux d’informateurs disséminés dans les villages, qui renseignent les groupes retranchés dans les vastes forêts de la région. Cette perception d’une surveillance constante renforce la méfiance et justifie aux yeux de beaucoup le renoncement à tout voyage. Les citadins sont souvent considérés comme des cibles de choix, supposés plus aisés. La libération des otages passe presque systématiquement par le paiement d’une rançon, un fardeau financier insupportable pour de nombreuses familles, avec des conséquences parfois fatales pour les victimes dont les proches ne peuvent payer.
À l’approche des fêtes de fin d’année, cette réalité prend une dimension particulière. Les traditionnels rassemblements familiaux et échanges de cadeaux risquent d’être une fois encore remplacés par des appels à distance. Isah Usman, un fonctionnaire de 52 ans, a dû se résoudre à manquer le mariage de son frère à Kontagora. Même l’annonce récente de l’arrestation de plusieurs présumés informateurs dans cette zone ne le rassure pas suffisamment pour envisager le déplacement.
L’impact économique de cette paralysie se fait également sentir. Ifeoma Onyejekwe, commerçante en vêtements d’occasion sur le marché de Minna, déplore une activité au ralenti. Sa clientèle rurale, avec laquelle elle avait tissé des relations durables au fil des ans, ne vient plus. Un constat partagé par de nombreux commerçants, pour qui la distension des liens sociaux se double d’une précarité économique grandissante.
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