Monde
La peine capitale aux États-Unis, un paradoxe entre exécutions en hausse et soutien en déclin
_**Le nombre d’exécutions a presque doublé cette année, atteignant un niveau inédit depuis quinze ans. Pourtant, l’opinion publique américaine manifeste une défiance croissante envers ce châtiment ultime, selon les derniers chiffres.**_
La pratique de la peine de mort connaît une recrudescence notable sur le sol américain. Le bilan de l’année en cours fait état de quarante-six exécutions, un chiffre qui n’avait plus été atteint depuis 2010. Deux autres sont encore prévues d’ici la fin de l’exercice. Cette augmentation contraste fortement avec la tendance observée sur la dernière décennie, où le nombre annuel se situait autour de la vingtaine.
Cette hausse s’explique en grande partie par l’activité d’un seul État. La Floride est responsable de près de quarante pour cent des mises à mort réalisées cette année. Selon les analystes, cette accélération pourrait être liée à des considérations politiques, le gouverneur de l’État, Ron DeSantis, étant parfois perçu comme cherchant à affirmer son autorité en vue de futurs scrutins nationaux. L’administration fédérale, par la voix de l’ancien président Donald Trump, a également affiché un soutien marqué à la peine capitale, une position susceptible d’avoir influencé certains États dans leur calendrier d’exécutions.
Néanmoins, cette dynamique entre en contradiction avec l’évolution de l’opinion publique. Le soutien des citoyens à la peine de mort est tombé à son plus bas niveau depuis un demi-siècle. Ce désintérêt se reflète dans les tribunaux, où le nombre de nouvelles condamnations capitales prononcées reste historiquement faible, avec seulement vingt-deux sentences cette année. Les jurés éprouvent par ailleurs des difficultés croissantes à statuer à l’unanimité en faveur de ce verdict.
Les modalités d’application demeurent concentrées géographiquement. Une douzaine d’États, principalement situés dans le sud du pays, ont procédé à des exécutions en 2025. La méthode privilégiée reste l’injection létale, bien que d’autres procédés aient été employés, comme l’inhalation d’azote en Alabama ou le peloton d’exécution en Caroline du Sud, suscitant des critiques de la part d’organisations internationales.
Le paysage juridique concernant la peine capitale reste fragmenté. Vingt-trois États l’ont abolie, tandis que trois autres observent un moratoire sur les exécutions. L’année a également été marquée par des décisions judiciaires notables, remettant en cause des condamnations pour vice de procédure ou sur la base de nouveaux éléments médicaux, illustrant les interrogations persistantes sur l’équité et la fiabilité du système.
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