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Société

La Nouvelle-Calédonie au cœur d’une confrontation parlementaire

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Le report des élections provinciales provoque un affrontement politique à l’Assemblée nationale, où les stratégies de blocage et les manœuvres procédurales s’enchaînent.

L’examen d’un texte visant à reporter les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie a donné lieu à de vifs débats mercredi à l’Assemblée nationale. Le projet de loi organique, déjà adopté par le Sénat, propose de décaler ces scrutins, initialement prévus avant le 30 novembre, au plus tard le 28 juin 2026. Ce report est présenté comme une étape préalable à une réforme institutionnelle plus large, fondée sur l’accord conclu à Bougival entre l’État et des représentants des courants indépendantistes et loyalistes.

Les députés de La France insoumise ont déposé plus de 1 600 amendements, une manœuvre assumée de barrage législatif. Ils estiment que le report des élections faciliterait la mise en œuvre de l’accord de Bougival, un texte contesté qui prévoit notamment la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution et l’élargissement du corps électoral local. Selon eux, cette réforme mériterait au préalable de nouvelles négociations, d’autant que le Front de libération nationale kanak et socialiste a rejeté l’accord depuis sa signature.

Face à cette obstruction, la majorité présidentielle explore plusieurs voies pour accélérer l’adoption du texte. Le député Vincent Caure a ainsi annoncé son intention de défendre une motion de rejet préalable, qui permettrait d’interrompre les débats avant même l’examen des amendements. En parallèle, des amendements de suppression des articles ont été déposés par des élus de différents bords, une stratégie alternative pour éviter un examen détaillé et prolongé.

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a défendu la nécessité du report, mettant en garde contre les risques d’une crise institutionnelle en cas de rejet. Elle a toutefois reconnu que l’accord de Bougival ne constituait pas une solution définitive et pourrait être amendé. Dans le même temps, l’Union nationale pour l’indépendance, signataire de l’accord, a appelé les parlementaires à voter le report, y voyant un gage de stabilité et de poursuite du dialogue.

Le calendrier parlementaire reste tendu, le texte devant être adopté rapidement pour laisser place à l’examen du budget de l’État. L’issue du vote dépendra des positions des groupes politiques, le Rassemblement national et une partie de la gauche s’opposant au texte, tandis que les socialistes le soutiennent sans pour autant s’engager sur les manœuvres procédurales.

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