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Politique

La nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes suscite une levée de boucliers

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La décision du chef de l’État de confier la première présidence de l’institution financière à la ministre sortante des Comptes publics provoque de vives critiques au sein de la classe politique, qui dénonce un risque de conflit d’intérêts et une forme de verrouillage des hautes fonctions.

La désignation d’Amélie de Montchalin pour diriger la Cour des comptes a été confirmée en conseil des ministres. Cette nomination, qui fera d’elle la première femme à occuper ce poste depuis la création de l’institution, intervient alors qu’elle était encore en charge du portefeuille des Comptes publics. Cette situation alimente les récriminations de l’opposition, qui y voit une entorse aux principes de neutralité et d’indépendance nécessaires à cette fonction de contrôle.

Les critiques se concentrent sur la question du conflit d’intérêts. Plusieurs élus s’interrogent sur la capacité de l’ancienne ministre à évaluer avec impartialité des politiques budgétaires et des choix de finances publiques qu’elle a elle-même contribué à élaborer. Cette nomination rompt avec une pratique établie depuis plusieurs années, qui consistait à choisir un premier président issu des rangs de l’opposition, afin de garantir la crédibilité des analyses de la Cour.

Au-delà de cette question, c’est une stratégie plus large du pouvoir exécutif qui est mise en cause. Plusieurs formations politiques dénoncent une volonté de placer des personnalités proches du président de la République à la tête des principales institutions de l’État, à l’approche de la fin du mandat. Des nominations récentes à d’autres hautes juridictions sont citées en exemple pour étayer cette thèse d’un verrouillage des contre-pouvoirs.

La jeunesse de la nouvelle première présidente, qui pourrait théoriquement occuper ses fonctions pendant près de trois décennies, est également pointée du doigt, certains y voyant une rupture avec les usages en vigueur jusqu’à présent. Le gouvernement, pour sa part, défend cette nomination en mettant en avant les compétences techniques et l’énergie que l’intéressée apportera, selon lui, à l’institution, tout en affirmant sa confiance dans son indépendance future.

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