Économie
La nationalisation d’ArcelorMittal en débat au Parlement
Le projet porté par La France insoumise suscite des tensions politiques tandis que des centaines de salariés manifestent leur soutien devant l’Assemblée nationale.
Les députés se penchent ce jeudi sur une proposition de loi visant à nationaliser les activités françaises du groupe sidérurgique ArcelorMittal. Ce texte, défendu par le groupe parlementaire de La France insoumise, intervient dans un contexte de difficultés persistantes pour la filière métallurgique nationale. Environ quatre cents employés, convoyés en bus depuis les sites du Nord et de la Moselle, ont convergé vers l’esplanade des Invalides pour appuyer cette initiative législative.
Les élus de la gauche radicale considèrent le rachat par l’État comme l’unique issue pour préserver près de quinze mille emplois directs et relancer les investissements nécessaires à la décarbonation des outils industriels. Selon ses promoteurs, cette mesure permettrait de contrer le plan de restructuration annoncé en avril dernier et d’éviter que la production d’acier français ne devienne structurellement déficitaire à l’horizon 2030.
Le gouvernement s’oppose fermement à ce projet évalué à trois milliards d’euros. Le ministre de l’Économie a récemment estimé qu’une telle opération ne résoudrait pas les problèmes de compétitivité de la sidérurgie hexagonale, privilégiant plutôt un renforcement des barrières douanières contre les importations à bas coût en provenance de Chine.
L’adoption du texte apparaît compromise en raison de manœuvres d’obstruction parlementaire. Le Rassemblement national et ses alliés ont déposé près de trois cents amendements, rendant improbable un vote final avant minuit. Ce blocage s’inscrit dans un cycle de représailles entre groupes politiques après plusieurs mois de tensions législatives.
La position du parti d’extrême droite cristallise les contradictions territoriales, plusieurs de ses députés étant élus dans des circonscriptions abritant des sites industriels menacés. Le RN propose plutôt l’instauration d’une action spécifique donnant à l’État un droit de veto sur les décisions stratégiques, une alternative qualifiée d’insuffisante par la gauche.
Même en cas d’adoption par les députés, la proposition aurait peu de chances d’aboutir face à l’opposition du Sénat et de l’exécutif. Les syndicats entendent néanmoins maintenir la pression jusqu’aux prochaines échéances parlementaires européennes, où doit être examiné un plan acier déterminant pour l’avenir de la filière.
Avant ce débat sensible, l’Assemblée doit se prononcer sur deux autres textes de La France insoumise concernant l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur ainsi que l’égalité d’accès au service postal dans les territoires d’outre-mer.
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