Planète
La menace invisible du plastique pour la biodiversité marine
Une étude scientifique révèle que des quantités infimes de déchets plastiques suffisent à menacer mortellement les espèces marines, remettant en cause les seuils de dangerosité jusqu’ici admis.
Des recherches récentes démontrent que le volume de matières plastiques nécessaire pour provoquer le décès d’animaux marins s’avère significativement plus faible que les estimations antérieures. L’enquête s’est appuyée sur l’examen post-mortem de près de dix mille spécimens échoués ou capturés accidentellement, appartenant pour moitié à des espèces menacées ou en voie de disparition. Les analyses ont permis d’établir des modèles prédictifs croisant la quantité de plastique ingérée avec les caractéristiques physiologiques des organismes.
Les conclusions indiquent qu’un macareux moine, oiseau emblématique de l’Atlantique nord, pourrait succomber après avoir absorbé l’équivalent plastique de trois morceaux de sucre. Les lésions gastro-intestinales constituent la principale cause de mortalité immédiate. Les chercheurs ont par ailleurs identifié des vulnérabilités différenciées selon les espèces. Les oiseaux marins se révèlent particulièrement sensibles aux plastiques rigides et au caoutchouc, tandis que les tortues et mammifères marins paient un lourd tribut aux emballages souples.
L’étude établit qu’ingérer six fragments plastiques, chacun inférieur à la taille d’un petit pois, expose les oiseaux à un taux de mortalité avoisinant quatre-vingt-dix pour cent. Des cas extrêmes documentés incluent le décès d’un cétacé ayant ingurgité un seau plastique de onze litres. Ces observations confirment l’urgence d’une réduction drastique de la production mondiale de plastique, accompagnée d’améliorations substantielles dans les systèmes de collecte et de recyclage.
La communauté scientifique souligne le caractère multidimensionnel de cette pollution. Au-delà des microplastiques désormais omniprésents, les débris de taille importante continuent de représenter une menace concrète pour la mégafaune marine. Cette approche méthodique permet désormais de cibler les matériaux les plus dangereux, ouvrant la voie à des politiques de restriction prioritaires. La persistance de cette contamination appelle une réponse globale, combinant prévention, innovation et assainissement des écosystèmes marins déjà affectés.
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