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La maternité des Lilas tire sa révérence après soixante ans d’engagement féministe
Un chapitre se referme dans l’histoire de la santé périnatale française avec la fermeture définitive de cette institution pionnière, laissant derrière elle un héritage humaniste et des générations de femmes marquées par son approche unique.
Fondée en 1964, cette clinique de Seine-Saint-Denis a accompagné des milliers de naissances tout en défendant une vision résolument moderne de l’accouchement. Elle figurait parmi les premières structures en France à promouvoir les méthodes de préparation à la naissance sans douleur et s’était engagée en faveur de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse bien avant le vote de la loi Veil. Son activité cessera définitivement ce vendredi à vingt heures, une décision imposée par des difficultés financières persistantes et le retrait de son agrément par les autorités sanitaires.
L’établissement s’était construit une identité forte, privilégiant une approche centrée sur le respect des choix des femmes. Dans ses murs, les patientes pouvaient décider des conditions de leur accouchement, qu’il s’agisse des positions, de l’utilisation ou non de la péridurale, ou du recours à la piscine de naissance. Cette philosophie de soin, associée à des relations de proximité entre soignants et futures mères, contrastait avec l’ambiance parfois impersonnelle des grands centres hospitaliers.
Le personnel médical exprime une profonde tristesse face à cette fermeture. Pour une sage-femme qui y exerçait depuis cinq ans, la poursuite des prises de rendez-vous sur le site internet jusqu’à la veille de la cessation d’activité relevait du déni. Une collègue retraitée, après quarante-neuf années de service, qualifiait l’existence des Lilas de « miracle humain », soulignant son rôle précurseur dans l’émancipation des femmes.
Les anciennes patientes évoquent avec émotion le caractère exceptionnel de leur expérience dans cette maternité. Une enseignante parisienne se remémore l’atmosphère chaleureuse qui effaçait la sensation d’être dans un hôpital traditionnel. Une autre femme, après un parcours médicalement assisté, avait spécifiquement choisi cet établissement pour son approche physiologique. Une jeune mère britannique reconnaissait que les locaux manquaient de modernité, mais affirmait que ce n’était pas le confort matériel qui attirait les familles.
Au-delà des considérations architecturales, c’est un modèle de prise en charge qui disparaît. Une sage-femme déplore la logique économique qui s’impose dans le secteur de la périnatalité, rappelant que la santé des mères et des nouveau-nés ne saurait être évaluée à l’aune de la rentabilité. Sa consœur alerte sur les conséquences humaines de telles fermetures, alors que la période périnatale représente un moment de vulnérabilité psychologique important pour les femmes.
Pour certaines familles, les Lilas constituaient un lieu de transmission intergénérationnelle. Une grand-mère évoque avec nostalgie les trois générations qui y ont vu le jour, depuis son frère en 1973 jusqu’à son petit-fruit en juillet dernier. Cette fermeture marque la fin d’une histoire familiale intimement liée à celle de l’établissement, emportant avec elle soixante années d’engagement et d’innovations médicales.
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