Monde
La mainmise de Donald Trump sur le sanctuaire culturel de Washington


Le Kennedy Center, fleuron culturel américain, connaît une métamorphose idéologique sous l’égide de l’ancien président, qui y impose désormais une programmation conservatrice et religieuse.
L’emblématique Kennedy Center à Washington vit une transformation profonde de son identité. Cette institution culturelle réputée pour sa programmation éclectique et sa neutralité politique depuis son inauguration en 1971 accueille désormais des rassemblements politiques et religieux. L’atmosphère qui y règne aujourd’hui contraste singulièrement avec sa tradition d’ouverture artistique.
L’arrivée de Donald Trump à la tête de l’établissement en février dernier a marqué un tournant décisif. Le conseil d’administration a été restructuré avec la nomination de personnalités proches de l’ancien président, dont l’épouse du vice-président et la chef de cabinet de la Maison Blanche. Cette reconfiguration s’inscrit dans un projet explicite de promouvoir le patriotisme et de combattre ce que l’équipe dirigeante qualifie de propagande anti-américaine.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Les spectacles mettant en avant la diversité ont disparu de la programmation, tout comme les drag shows et les événements liés à la communauté LGBTQ+. En réaction, de nombreux artistes et productions ont annulé leur participation, à l’instar de la comédie musicale Hamilton, privant ainsi le public de représentations qui faisaient la renommée des lieux.
La scène du Kennedy Center vibre désormais au rythme de discours politiques. Lors d’un récent sommet, une membre de l’administration Trump a inauguré une série de conférences en célébrant la création d’un Bureau des affaires religieuses à la Maison Blanche. Les thèmes abordés, comme la prétendure persécution des chrétiens ou la critique de l’éducation sur les questions de genre, reflètent la nouvelle orientation idéologique de l’institution.
Cette évolution suscite des inquiétudes dans le milieu culturel. Des observateurs pointent le risque de voir le Kennedy Center se transformer en organe de propagande gouvernementale, à l’image de ce qui existe dans certains régimes autoritaires. Le nouveau directeur, Richard Grenell, proche collaborateur de Trump, entend par ailleurs imposer le chant de l’hymne national avant chaque représentation.
Des travaux de rénovation d’envergure sont également programmés, concernant les sièges, les tapis et les équipements techniques. Plus symbolique encore, une proposition de loi a été déposée pour rebaptiser l’établissement du nom de l’ancien président. Si cette initiative a peu de chances d’aboutir, elle témoigne de l’emprise grandissante de Donald Trump sur ce haut lieu de la culture américaine.





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