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La Guinée-Bissau aux urnes dans une atmosphère apaisée

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Les électeurs bissau-guinéens ont participé ce dimanche à un double scrutin présidentiel et législatif marqué par une participation modeste et l’absence du principal parti d’opposition, dans un pays en quête de stabilité institutionnelle.

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes dans le calme à travers le territoire national. Les observateurs ont noté une affluence relativement faible durant la matinée électorale, avec seulement quelques citoyens patientant devant les isoloirs. Quelque 860 000 personnes étaient inscrites sur les listes électorales pour choisir parmi douze prétendants à la magistrature suprême et désigner les cent deux membres de l’Assemblée nationale populaire.

Le président sortant Umaro Sissoco Embalo, arrivé vêtu d’une chemise blanche et coiffé de son emblématique keffieh rouge et blanc, a accompli son devoir électoral dans sa circonscription de l’est du pays. Le chef de l’État en exercice, considéré comme le favori du scrutin, a lancé un appel au civisme en invitant la population à se rendre aux urnes. Il a également mis en garde contre toute proclamation anticipée des résultats, rappelant que la Commission nationale des élections demeure la seule instance habilitée à publier les chiffres du scrutin.

L’absence du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) marque singulièrement ce processus électoral. La formation historique, ayant conduit le pays à l’indépendance en 1974, a vu ses candidatures rejetées par la justice pour défaut de conformité des dossiers de candidature. Cette exclusion concerne tant la présidentielle que les législatives, privant le scrutin de son principal mouvement d’opposition.

Dans les rues de Bissau, les électeurs ont exprimé des sentiments partagés entre espoir et résignation. Un ouvrier de la cinquantaine confiait voter depuis sa jeunesse sans observer de transformations significatives dans le pays. Une jeune diplômée en finance montrait fièrement son doigt marqué d’encre indélébile, symbole de son accomplissement citoyen et de son aspiration à un avenir meilleur pour sa nation.

La sécurité du scrutin a été confiée à plus de 6 700 membres des forces de l’ordre, appuyés par des éléments de la force de stabilisation de la CEDEAO. Les autorités ont procédé à la fermeture exceptionnelle de l’espace aérien ainsi que des frontières terrestres et maritimes pour la durée des opérations de vote. Les premiers résultats provisoires sont attendus dans le courant de la semaine.

Cette consultation intervient dans un contexte économique difficile pour ce pays classé parmi les plus pauvres de la planète, où près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. La nation ouest-africaine reste par ailleurs confrontée à des défis sécuritaires liés au trafic de stupéfiants, phénomène favorisé par l’instabilité politique chronique.

Les bureaux de vote ont fermé leurs portes à 17 heures locales dans une atmosphère générale de tranquillité, selon les premières observations des responsables électoraux. Le scrutin s’est déroulé sans incident notable, contrastant avec les tensions politiques qui ont marqué la période préélectorale.

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