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La gastronomie française en péril, un collectif de chefs sonne l’alarme

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Une cinquantaine de figures emblématiques de la cuisine hexagonale exhortent les pouvoirs publics à sanctuariser leur art, menacé par des contraintes économiques croissantes.

Les grands noms de la restauration française, parmi lesquels Alain Ducasse, Hélène Darroze ou encore Thierry Marx, ont uni leurs voix pour alerter sur les risques qui pèsent sur leur profession. Dans une tribune publiée ce vendredi, ils réclament que la gastronomie soit élevée au rang d’exception culturelle, à l’instar du cinéma ou de la musique, afin de bénéficier de mesures de protection adaptées.

Les signataires pointent du doigt l’accumulation des difficultés auxquelles sont confrontés les établissements indépendants. Entre l’envolée des coûts d’exploitation, la réduction des dispositifs d’aide et la concurrence accrue, le modèle économique des restaurants d’auteur, pourtant essentiel au rayonnement du pays, apparaît de plus en plus fragile. Ils plaident pour une réforme fiscale concernant les pourboires, un soutien accru au « fait maison » et une meilleure formation aux métiers de bouche dès le plus jeune âge.

Cette mobilisation inédite traduit une inquiétude partagée au sein de la profession. Christopher Coutanceau, triplement étoilé à La Rochelle, dénonce une standardisation croissante au détriment de l’excellence artisanale. Il milite notamment pour l’instauration d’un diplôme obligatoire afin d’exercer dans le secteur. Fanny Rey, doublement étoilée, souligne quant à elle la dimension humaine et culturelle d’une gastronomie qui « incarne bien plus qu’une simple alimentation ».

Inscrite depuis 2010 au patrimoine immatériel de l’Unesco, la cuisine française voit aujourd’hui son modèle remis en question. Les chefs entendent ainsi rappeler sa valeur autant économique que symbolique, alors que plusieurs établissements historiques ont déjà dû baisser le rideau ces dernières années. Leur appel vise à préserver un savoir-faire unique, menacé par une conjoncture défavorable et un manque de reconnaissance institutionnelle.

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