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Économie

La fronde agricole converge vers la capitale

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Après une série d’actions ciblant les ports et les axes routiers, les agriculteurs préparent une démonstration de force à Paris ce mardi. Leur mobilisation, qui s’inscrit dans un mouvement européen, vise à obtenir des garanties face à l’accord commercial avec le Mercosur.

La tension ne retombe pas dans les campagnes françaises. Alors que des opérations de contrôle et de blocage ont perturbé lundi plusieurs ports et autoroutes, une nouvelle étape se profile. Les organisations agricoles du grand bassin parisien ont appelé à un rassemblement mardi matin place de la Concorde. Plusieurs centaines d’engins agricoles sont attendus pour exiger, selon les termes d’un communiqué, des décisions rapides et tangibles en faveur d’une souveraineté alimentaire qu’ils estiment menacée.

Cette journée parisienne s’inscrit dans une séquence de protestations qui s’est intensifiée ces derniers jours. Au Havre, des producteurs ont procédé à des vérifications sur l’origine des denrées transportées par camions frigorifiques. Des initiatives similaires ont été menées à Bayonne et à La Rochelle, où des sites portuaires considérés comme des symboles du commerce international ont été visés. Les manifestants dénoncent l’arrivée sur le marché de produits alimentaires dont les standards de production diffèrent, selon eux, de ceux imposés aux exploitants français et européens.

Le cœur du mécontentement réside dans la perspective de la signature imminente de l’accord d’association entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Les partisans de ce traité, en négociation depuis un quart de siècle, y voient un levier économique et géopolitique majeur. Pour une large frange du monde agricole, il représente en revanche une concurrence déloyale, craignant que des importations à bas coût, produites selon des normes environnementales et sanitaires distinctes, ne viennent déstabiliser les filières locales.

La mobilisation, née en réaction à des questions sanitaires fin décembre, a ainsi rapidement élargi ses revendications pour cristalliser un malaise plus profond. La détresse économique et le sentiment d’un abandon par les pouvoirs publics sont régulièrement exprimés sur les barrages. Malgré l’annonce récente par le gouvernement d’un plan de soutien financier, les actions se poursuivent et s’étendent à d’autres régions, de la Moselle aux Landes, où des perturbations de la circulation ont été signalées.

Ce mouvement dépasse les frontières hexagonales. Des manifestations d’opposition au même accord commercial ont également eu lieu en Italie, en Pologne et en Irlande, illustrant l’inquiétude partagée par une partie du secteur agricole européen. L’issue du processus reste incertaine, le texte devant encore être soumis à un vote du Parlement européen, probablement au mois de février. En prévision de ce scrutin, une nouvelle mobilisation est d’ores et déjà prévue à Strasbourg le 20 janvier.

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