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La forêt des Landes mobilisée contre une menace parasitaire inédite

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Une opération d’ampleur est en cours dans le massif landais pour contenir la première apparition en France d’un parasite dévastateur pour les résineux, mobilisant des moyens mécaniques importants dans un calendrier contraint.

Une course contre la montre est engagée au cœur de la forêt des Landes. Des engins forestiers de haute technologie œuvrent sans relâche pour abattre et évacuer des milliers de pins maritimes. Cette intervention radicale répond à la détection, à l’automne dernier sur la commune de Seignosse, du nématode du pin, un organisme classé prioritaire par la réglementation européenne. La présence de ce ver microscopique, qui provoque le dépérissement rapide des arbres en obstruant leur système vasculaire, constitue une préoccupation majeure pour les autorités sanitaires et la filière bois.

Pour circonscrire le foyer, un périmètre de sécurité strict a été établi. Une zone dite infestée, d’une superficie de quarante hectares, est en cours d’éradication totale. Les conifères, majoritairement des pins maritimes, doivent être coupés et traités avant une échéance fixée à la mi-février. Au-delà, une vaste zone tampon de plusieurs dizaines de milliers d’hectares fait l’objet d’une surveillance renforcée et de mesures sanitaires. L’urgence de l’opération tient au cycle biologique du parasite, qui est véhiculé par un insecte coléoptère local. Avec le retour des températures printanières, les risques de dissémination deviendraient exponentiels.

Le bois récolté dans le périmètre critique est systématiquement soumis à un traitement thermique rigoureux afin d’éliminer tout risque de contamination résiduelle avant sa valorisation. Les professionnels sur le terrain, bien que conscients de l’impact immédiat de ces coupes, soulignent la nécessité absolue de cette démarche préventive. Les premiers résultats des analyses menées sur des centaines d’échantillons prélevés aux alentours du site initial sont considérés comme encourageants, n’ayant révélé aucun nouveau foyer.

Les conséquences économiques et environnementales de cette crise potentielle sont considérables. Le massif landais, pilier de l’industrie sylvicole régionale, serait gravement menacé en cas de propagation du parasite. Les propriétaires forestiers concernés par les opérations d’abattage, bien qu’éligibles à des indemnités, supportent dans un premier temps les coûts logistiques et subissent une dépréciation de leur patrimoine bois. Certains ont d’ailleurs saisi la justice administrative pour contester les mesures. Les élus locaux évoquent, au-delà du préjudice économique, une atteinte au paysage et à l’identité territoriale.

Les services de l’État appellent à une mobilisation générale et à la plus grande vigilance pour respecter le calendrier exigeant des opérations. L’enjeu dépasse le cadre local, car une généralisation de la contamination aurait des répercussions à l’échelle nationale. Le travail reste colossal, avec des milliers d’arbres supplémentaires à retirer de la zone tampon dans les semaines à venir, dans un effort collectif pour préserver l’avenir de la forêt.

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