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La CPI dénonce des sanctions américaines « déshonorantes »

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Le procureur adjoint de la Cour pénale internationale s’insurge contre les mesures de Washington, qui assimilent selon lui les magistrats de La Haye à des criminels. Il évoque également la possibilité de procédures in absentia contre certains dirigeants.

Le procureur adjoint de la Cour pénale internationale a exprimé son indignation face aux sanctions imposées par les États-Unis à plusieurs hauts responsables de l’institution. Selon lui, ces mesures discréditent gravement le travail des magistrats en les associant, de manière infamante, à des activités criminelles. Il a souligné que désapprouver les actions de la Cour était une chose, mais que les assimiler à des trafiquants ou à des terroristes en était une autre, profondément injuste.

Ces sanctions, décrétées par l’administration précédente américaine en réaction à des mandats d’arrêt internationaux, ont des conséquences concrètes et pénibles sur la vie quotidienne des personnes visées. Elles entravent des aspects essentiels de leur existence, comme les transactions financières ou même l’usage de moyens de paiement courants, compliquant jusqu’aux gestes les plus banals. Le procureur adjoint reconnaît l’utilité des sanctions en droit international, mais estime que leur utilisation contre la CPI, seule juridiction permanente dédiée aux crimes de guerre, risque d’en saper la légitimité fondamentale.

Interrogé sur l’éventualité de tenir des audiences en l’absence des accusés, comme cela a été expérimenté dans d’autres dossiers, le magistrat a confirmé que cette option était envisageable. Une telle procédure, bien que complexe, permettrait de préserver les preuves et d’entendre les victimes, même si elle ne constituerait pas un procès à proprement parler. Il a par ailleurs déploré que les mandats visant certains chefs d’État n’aient pas encore permis leur comparution, la Cour dépendant de la coopération des États pour les arrestations.

Le climat au sein de l’institution est également affecté par une enquête interne concernant le procureur en chef, actuellement éloigné de ses fonctions. Cette situation, selon le procureur adjoint, crée une atmosphère délétère et est exploitée pour nuire au travail de la Cour, notamment dans des dossiers sensibles. Malgré ces défis multiples, il affirme la nécessité et la détermination de l’institution. La CPI a enregistré des avancées significatives récemment et étend son champ d’investigation au-delà du continent africain, preuve selon lui que son rôle reste crucial dans un monde où les crimes de masse persistent.

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