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La contention en psychiatrie, une pratique controversée qui laisse des traces

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Des patients et des professionnels dénoncent des méthodes jugées inhumaines, tandis que des alternatives peinent à s’imposer.

Le recours aux techniques de contention dans les services psychiatriques français suscite un débat croissant. Ces méthodes, qui consistent à immobiliser un patient à l’aide de sangles ou d’entraves, sont de plus en plus contestées par les familles comme par une partie du corps médical. Les témoignages se multiplient pour dénoncer des situations vécues comme humiliantes et traumatisantes.

Un homme de 32 ans, atteint d’un trouble schizo-affectif, a ainsi été maintenu attaché à plusieurs reprises dans un établissement de la région parisienne. Sa mère évoque une décision prise en raison d’un simple geste de tension, sans autre explication que le respect d’un protocole. Le jeune homme aurait subi des conséquences psychologiques durables, allant jusqu’à une perte de dignité dans des situations intimes.

Selon les dernières données disponibles, près de 8 000 patients ont été concernés par ces mesures en 2022. Bien que la loi encadre strictement leur usage, en les limitant à des cas extrêmes où la sécurité du patient ou d’autrui est en jeu, la réalité montre une application bien plus large. Seule une minorité d’établissements déclare s’en passer complètement.

Pour certains professionnels, ces pratiques aggravent les traumatismes, en particulier chez les personnes ayant déjà subi des violences. Les soignants eux-mêmes éprouvent souvent un malaise, partagés entre la nécessité d’assurer la sécurité et le sentiment de participer à une atteinte aux droits fondamentaux.

Face à ces critiques, des voix s’élèvent pour promouvoir d’autres approches. Certains services ont réduit significativement le recours à la contention en privilégiant l’écoute, la disponibilité et une relation plus égalitaire avec les patients. Des études mettent en avant l’importance d’un environnement apaisant et d’une connaissance approfondie des personnes prises en charge.

Si le gouvernement maintient que ces mesures doivent rester exceptionnelles, il n’envisage pas pour l’instant leur interdiction. Le débat, lui, ne faiblit pas, porté par des associations et des professionnels qui appellent à une psychiatrie plus respectueuse de la dignité humaine.

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