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La Chine dévoile sa première feuille de route climatique pour 2035

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Pékin s’engage sur une baisse modérée de ses émissions à moyen terme, dans un contexte international marqué par les reculs américains et les divisions européennes.

Le président chinois Xi Jinping a annoncé personnellement, lors d’un sommet des Nations Unies, l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre que la Chine entend atteindre d’ici 2035. Il s’agit de la première fois que le premier émetteur mondial fixe un cap chiffré à cet horizon, dans un message vidéo diffusé mercredi. Le dirigeant a promis une diminution nette des émissions comprise entre 7 % et 10 % par rapport au pic, qui pourrait survenir dès cette année, en précisant que son pays « ferait tous les efforts pour faire mieux ».

Cette annonce, jugée prudente par les observateurs, s’inscrit dans la tradition des autorités chinoises de se fixer des objectifs réalistes et progressifs. Si le chiffre avancé reste en deçà des recommandations des experts climatiques pour contenir le réchauffement planétaire, il témoigne néanmoins de la volonté de Pékin de maintenir son engagement dans le cadre multilatéral. Un expert indépendant a souligné que cette approche reflétait une politique climatique prévisible, à un moment où plusieurs grandes puissances revoient leurs ambitions à la baisse.

Le contraste avec la position américaine est particulièrement frappant. La veille de cette déclaration, l’ancien président Donald Trump avait qualifié la science climatique de « plus grande arnaque de l’histoire » devant l’Assemblée générale de l’ONU. Les États-Unis, deuxième pollueur mondial, s’apprêtent par ailleurs à se retirer de l’accord de Paris, dont on célébrera le dixième anniversaire en décembre.

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a pour sa part défendu le bilan de cet accord, rappelant que les projections de réchauffement sont passées de 4 °C à moins de 3 °C en dix ans, sous réserve du respect des engagements actuels. Toutefois, de nombreux pays riches peinent encore à aligner leurs politiques sur l’objectif de neutralité carbone pour 2050.

L’Union européenne, notamment, accuse un retard significatif dans l’adoption de sa propre stratégie pour 2035, en raison de désaccords internes sur les financements de la transition industrielle. Cette situation préoccupe les États insulaires et les nations les plus vulnérables, dont plusieurs ont pris la parole lors du sommet pour alerter sur les conséquences concrètes des dérèglements climatiques, notamment sur le tourisme et la sécurité alimentaire.

Si la Chine rejoint ainsi le cercle des pays ayant formalisé un objectif à moyen terme, l’Inde et plusieurs autres grands émetteurs brillent par leur absence. Beaucoup d’États présents restent par ailleurs dépendants des énergies fossiles, ce qui laisse présager des annonces globalement peu ambitieuse

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