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La campagne de haine contre Samuel Paty au cœur d’un procès d’appel

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_**La cour d’assises spéciale de Paris réexamine le rôle de deux hommes condamnés pour avoir orchestré la mobilisation en ligne ayant précédé l’assassinat du professeur.**_

La justice se penche à nouveau sur les mécanismes qui ont conduit à la mort de Samuel Paty. Brahim Chnina et Abdelhakim Sefrioui, respectivement condamnés en première instance à treize et quinze ans de réclusion criminelle, voient leur dossier réévalué. Les deux hommes avaient été reconnus coupables d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste pour avoir initié et alimenté une violente cabale numérique visant l’enseignant. Ce dernier avait été tué le 16 octobre 2020 par un individu agissant seul, après avoir montré en classe des caricatures de presse dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression.

Les débats portent désormais sur la nature de leur responsabilité pénale. Les prévenus, qui n’avaient aucun lien avec l’auteur matériel du crime, contestent toute implication dans son passage à l’acte. La défense soulève une question juridique fondamentale. Elle interroge la possibilité d’une condamnation pour association terroriste en l’absence de connaissance d’un projet d’attentat précis et sans relation avec son futur exécutant. Le tribunal de première instance avait estimé que cette méconnaissance était sans incidence, considérant que les accusés avaient sciemment participé à des actions créant un climat propice à des violences extrêmes.

L’affaire trouve son origine dans des allégations mensongères. La fille de Brahim Chnina avait affirmé, à tort, que le professeur avait isolé les élèves musulmans lors de la présentation des dessins, alors qu’elle était absente ce jour-là. Sans procéder à la moindre vérification, son père avait immédiatement relayé ces accusations sur les réseaux sociaux, divulguant l’identité et le lieu de travail de Samuel Paty. Sa démarche a rapidement rencontré l’écho du prédicateur Abdelhakim Sefrioui. Leur rencontre devant l’établissement scolaire et leur refus de mettre un terme à leur campagne, malgré les inquiétudes exprimées par la direction, ont été largement documentés.

Leurs publications en ligne, et notamment une vidéo mise en ligne par Brahim Chnina, sont parvenues à l’assassin, qui en a tiré les informations nécessaires pour passer à l’acte. Des contacts téléphoniques et des échanges de messages ont ensuite eu lieu entre le père d’élève et l’auteur des faits, sans que leur contenu n’indique une concertation sur un projet meurtrier. Pour l’accusation, ces éléments démontrent une chaîne de causalité directe. La sœur de la victime a décrit devant la cour une mécanique implacable, estimant que les deux hommes avaient délibérément livré son frère à une vindicte mortelle.

Le verdict de cette procédure d’appel est attendu pour la fin du mois. Il devra trancher sur le degré de conscience et d’acceptation du risque encouru par les prévenus lorsqu’ils ont choisi d’exposer un enseignant à la fureur publique dans un contexte de forte tension sécuritaire.

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