Nous rejoindre sur les réseaux

Économie

La Belgique face au paradoxe de la pomme de terre

Article

le

Une production record mais des cours effondrés placent les cultivateurs belges dans une situation économique délicate, remettant en question le modèle de croissance de ce fleuron national.

Le royaume de la frite traverse une période de turbulences inédite. Alors que les récoltes de pommes de terre atteignent des niveaux historiques, les producteurs subissent une chute vertigineuse des prix sur les marchés. Cette contradiction frappe de plein fouet un secteur habitué à une expansion continue, forgée par le succès planétaire de la frite belge.

Les surfaces cultivées n’ont cessé de s’étendre au cours de la dernière décennie, portées par une demande internationale soutenue et l’essor de la restauration rapide en Asie et au Moyen-Orient. La Belgique s’est imposée comme le premier exportateur mondial de produits transformés à base de pomme de terre, avec des ventes à l’étranger ayant triplé depuis 2015. Cette dynamique avait conduit les industriels à augmenter constamment leurs capacités de production.

Plusieurs facteurs conjoncturels viennent cependant perturber cet équilibre. Les droits de douane américains, la vigueur de l’euro et l’émergence de nouveaux concurrents internationaux ont réduit les débouchés à l’exportation. Les ventes de frites surgelées belges ont enregistré un recul significatif sur les douze derniers mois. Cette contraction de la demande coïncide avec une offre abondante, créant une situation de saturation sur le marché.

La chute des cours sur le segment non contractuel illustre l’ampleur du retournement. Les prix se sont effondrés pour atteindre des niveaux très éloignés des sommets enregistrés précédemment. Si les accords préétablis avec les transformateurs protègent une partie des agriculteurs, cette conjoncture défavorable oblige l’ensemble de la filière à reconsidérer ses stratégies.

Les professionnels du secteur évoquent désormais une nécessaire phase de réajustement. Après des années d’expansion quasi ininterrompue, la filière pomme de terre belge entre dans une période de consolidation qui pourrait remodeler durablement son paysage économique.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus