Nous rejoindre sur les réseaux

Société

La bataille de Menton, un duel entre héritage et renouveau

Article

le

_**Dans la cité azuréenne, le jeune Louis Sarkozy affronte l’ancrage local du Rassemblement national, incarné par la députée Alexandra Masson, dans une campagne municipale où les fractures de la droite et les attentes des habitants redessinent le paysage politique.**_

Le nom résonne comme un atout, mais aussi comme un défi. À Menton, Louis Sarkozy, fils de l’ancien président, a choisi de se lancer dans la conquête d’une mairie que le Rassemblement national considère comme son fief naturel. Âgé de vingt-huit ans, le candidat incarne une forme de jeunesse et une volonté de rupture, face à une ville qui cultive son particularisme et traverse une période d’incertitude.

Sur le terrain, son approche tranche avec les méthodes des élus aguerris. Entouré d’une équipe jeune, il se montre accessible, à l’écoute de ceux qui viennent à sa rencontre, même si certains murmurent encore au passage du « parachuté » ou de « l’Américain », en référence à ses années passées outre-Atlantique. Pour ses partisans, il symbolise un vent nouveau dans une cité qui ne souhaite plus être perçue comme un refuge pour retraités. « Nous incarnons l’idée que Menton n’est plus une ville de vieux », affirme-t-il, convaincu que les habitants aspirent à du changement.

Ce contexte est pourtant marqué par des divisions profondes au sein de la droite locale, depuis le décès soudain de l’ancien maire Jean-Claude Guibal en 2021. Les successions se sont envenimées, les projets ont piétiné et des affaires judiciaires ont éclaboussé la municipalité sortante, dont le premier magistrat devra prochainement répondre de détournement de fonds publics devant les tribunaux. Les Mentonnais constatent aussi la fermeture prolongée de musées, des retards dans les aménagements balnéaires ou encore l’attente interminable d’un hôtel de prestige.

C’est sur ce terreau que prospère la députée Alexandra Masson, figure montante du RN, élue et réélue avec des scores confortables. Sur le marché de Noël, elle serre les mains, connaît les commerçants, promet de faire de la ville un « petit bijou » bien administré. Pour de nombreux électeurs, elle incarne une forme de stabilité et de renouveau pragmatique, loin des clivages nationaux. « Elle va représenter le renouveau », estime une retraitée, tandis que d’autres voient en Louis Sarkozy un candidat en quête de tremplin plus que d’enracinement.

Le jeune candidat, lui, peine encore à unifier les différentes sensibilités de la droite traditionnelle, malgré le soutien officiel des Républicains. Son profil, ses prises de position iconoclastes – de la légalisation des drogues à un service militaire ciblé pour les nouveaux immigrants – et sa présence très visible sur les réseaux sociaux divisent. Ses admirations affichées pour des figures comme Napoléon ou le président argentin Javier Milei ne facilitent pas non plus un rapprochement avec les forces centristes ou de gauche, d’autant que son propre père s’est récemment distancié de l’idée d’un front républicain contre l’extrême droite.

Ainsi, à quelques mois du scrutin, Menton se retrouve au carrefour de plusieurs lignes de fracture. Entre un héritage politique en miettes, une extrême droite solidement implantée et une candidature qui mise sur la jeunesse et la rupture, les électeurs devront trancher sur l’avenir d’une ville à l’identité forte, tiraillée entre son passé et son devenir.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus