Monde
Jakarta : l’éclat trompeur des « hommes d’argent » en quête de survie

Sous leur peinture métallisée, ces performeurs des rues cachent une réalité brutale : celle d’une précarité qui les contraint à mendier pour quelques pièces.
Dans les artères congestionnées de Jakarta, une étrange silhouette argentée se fige devant les voitures à l’arrêt. Ce sont les « hommes d’argent », ces figures robotiques qui tentent d’attirer la compassion des automobilistes entre deux feux rouges. Leur quotidien ? Un équilibre précaire entre spectacle de rue et lutte pour la subsistance.
Pieds nus et le corps enduit d’une peinture abrasive, ces hommes enchaînent les heures sous un soleil de plomb ou sous des averses tropicales. Leurs mouvements saccadés, inspirés par des automates, ne suffisent pas toujours à remplir leur sébile. Les bons jours, ils récoltent l’équivalent de dix euros, mais souvent bien moins. Une misère comparée au salaire minimum local, qui atteint péniblement 260 euros mensuels.
Derrière le clinquant de leur costume improvisé se cachent des vies brisées par le chômage et l’inflation. Licenciés, sous-qualifiés ou victimes de la crise post-pandémie, beaucoup n’ont d’autre choix que cette mendicité déguisée. Les statistiques officielles révèlent une augmentation alarmante de la pauvreté dans la mégalopole, où près d’un demi-million d’habitants survivent avec moins de trente euros par mois.
Le soir venu, ces statues vivantes retrouvent leurs taudis, coincés entre voies ferrées et égouts à ciel ouvert. La douche se prend à la lueur d’une lampe torche, tandis que la peinture industrielle arrache des lambeaux de peau. Mais dans l’intimité de leurs baraques de fortune, un sourire persiste : celui des pères qui rêvent d’un autre destin pour leurs enfants. « Je veux qu’elle ait une vraie chance », murmure l’un d’eux en berçant sa fille, loin des klaxons et des regards indifférents.
Cette économie de la débrouille, devenue symbole des inégalités urbaines, rappelle cruellement que sous le miroitement des gratte-ciel, Jakarta reste une ville à deux vitesses. Les « hommes d’argent » en sont le reflet le plus criant : éblouissants de loin, meurtris de près.

PolitiqueEn Ligne 6 joursMarine Le Pen veut transformer son congrès d’Orléans en rampe de lancement
PolitiqueEn Ligne 3 joursMélenchon veut changer le patron de Bpifrance et faire gonfler l’épargne des Français
PolitiqueEn Ligne 5 joursMélenchon ne veut aucun pardon après l’attentat des Yvelines
MondeEn Ligne 4 joursMbappé perd deux partenariats chinois après une vidéo sur Mao
Faits DiversEn Ligne 6 joursTrappes, la garde à vue du suspect levée après un examen psychiatrique
Faits DiversEn Ligne 5 joursÀ Trappes, un homme tué pour sa couleur de peau et un ministre qui parle d’attentat
SociétéEn Ligne 5 joursLa jeunesse obtient des pistes mais garde la pression
PolitiqueEn Ligne 7 joursBardella rempile et met le cap sur Matignon
















