Économie
Impasse budgétaire au Capitole, chaos durable dans les aéroports américains
Le bras de fer politique sur le financement du département de la Sécurité intérieure se prolonge, laissant des milliers d’agents de sécurité aéroportuaire sans salaire depuis des semaines et perturbant gravement le transport aérien national.
Les représentants républicains ont rejeté dans la nuit de vendredi un accord transpartisan élaboré au Sénat. Ils lui ont substitué leur propre projet de loi, prolongeant une paralysie législative qui affecte directement les voyageurs. Ce blocage prive de rémunération le personnel de la Transportation Security Administration (TSA), chargé des contrôles dans les aéroports, depuis la mi-février.
La version adoptée par la Chambre propose un financement complet du département de la Sécurité intérieure pour huit semaines, incluant des crédits pour les services de l’immigration. Elle contraste avec le texte sénatorial, qui excluait spécifiquement le financement de l’ICE et de la police frontalière. La Maison Blanche a immédiatement qualifié cette initiative de vouée à l’échec, soulignant qu’elle ne recueillerait pas l’assentiment nécessaire au Sénat.
En réaction, l’exécutif a ordonné au secrétaire à la Sécurité intérieure de mobiliser des fonds existants, sans plus de détails, pour procéder au paiement des agents. Le département a annoncé que des versements interviendraient dès lundi. Dans une note interne, l’administration a alerté sur la dégradation du système aérien, évoquant près de cinq cents départs au sein de la TSA en raison des salaires impayés, ce qui aggrave les pénuries de personnel.
Les conséquences sur le terrain sont palpables. Des files d’attente considérables ont été observées dans plusieurs grands aéroports, comme à Houston, où elles s’étendaient sur deux niveaux. Pour tenter de soulager ces points de congestion, des agents de l’immigration ont été déployés en renfort dans les terminaux dès le début de la semaine.
Les déclarations politiques reflètent l’acrimonie du débat. Le leader de la minorité démocrate au Sénat a affirmé que son camp était prêt à financer les missions essentielles de la sécurité intérieure, mais refusait un « chèque en blanc » pour des politiques migratoires controversées. Du côté républicain, le président de la Chambre a décrit l’accord du Sénat comme une « blague », tandis que l’ancien président Donald Trump l’a jugé insatisfaisant.
Cette situation place les élus sous une pression croissante, les dysfonctionnements aéroportuaires touchant directement des millions de citoyens. Avec une majorité républicaine fragile au Sénat nécessitant des voix démocrates pour adopter le budget, la recherche d’une issue semble toujours aussi incertaine.
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