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Facture de l’eau potable, une charge croissante pour les collectivités

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L’association UFC-Que Choisir met en garde contre l’augmentation significative des coûts de traitement de l’eau, appelant à une meilleure répartition des responsabilités financières.

La dégradation de la qualité de l’eau potable en France entraîne une hausse préoccupante des dépenses de dépollution, selon les dernières analyses de l’UFC-Que Choisir. L’association souligne que les collectivités locales et les consommateurs ne sauraient supporter seuls cette augmentation des coûts. Cette problématique figurait parmi les préoccupations majeures abordées lors du récent Salon des maires.

Le taux de conformité des réseaux d’eau potable connaît une baisse notable, passant de 95% à 85% depuis 2021. Cette dégradation résulte principalement de la détection accrue de métabolites de pesticides et de substances perfluoroalkylées, communément appelées « polluants éternels ». Lorsque les seuils réglementaires sont dépassés, les gestionnaires de réseaux doivent impérativement prendre des mesures correctives, ce qui génère des investissements supplémentaires.

L’impact financier commence déjà à se faire sentir sur la facture des usagers. Le prix moyen du mètre cube d’eau a progressé de 16% au cours des trente derniers mois, après une décennie de relative stabilité. Une étude récente évalue à 13 milliards d’euros les dépenses supplémentaires nécessaires pour la politique de l’eau, dont 5 milliards consacrés spécifiquement aux coûts environnementaux.

La contamination, qui touchait auparavant principalement les petites communes rurales, s’étend désormais à des agglomérations plus importantes comme Reims, Beauvais ou La Rochelle. Les techniques traditionnelles de traitement s’avèrent inefficaces face aux nouveaux contaminants, nécessitant le recours à des technologies plus sophistiquées comme la filtration membranaire, dont le coût se chiffre en milliards d’euros.

Si les grandes structures peuvent amortir ces investissements grâce aux économies d’échelle, les petites collectivités se trouvent confrontées à des difficultés financières insurmontables. Des élus locaux dénoncent un sentiment d’abandon face à cette situation, certains ayant dû engager des travaux dont le surcoût représente environ 25 euros annuels par foyer.

L’association préconise plusieurs mesures correctives, incluant un renforcement des procédures d’autorisation des pesticides, une meilleure protection des zones de captage et une aide financière adaptée aux communes les plus modestes. Elle rappelle néanmoins que l’eau du robinet reste propre à la consommation dans la grande majorité des cas, les seuils réglementaires étant fixés selon une approche particulièrement précautionneuse.

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