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Face au déni, l’impératif d’assumer


Dans un procès en appel marqué par la dignité des victimes et l’obstination du principal accusé, la parole de Gisèle Pelicot résonne comme un appel à la responsabilité.
Devant la cour d’assises du Gard, une femme s’est adressée directement à celui qui refuse de reconnaître les faits qui lui sont reprochés. « Assumez votre acte », a-t-elle déclaré, soulignant l’écart entre les images présentées et la version de l’intéressé. Les preuves vidéo, diffusées en audience, montrent des scènes où la plaignante apparaît inconsciente, sans réaction, tandis que l’accusé et son ancien époux agissent à son insu.
Gisèle Pelicot, qui n’avait plus pris la parole publiquement depuis le premier verdict, a exprimé son souhait de tourner la page après cinq années de procédure. Vêtue avec sobriété, la septuagénaire a affirmé avoir atteint le terme d’un parcours judiciaire éprouvant, tout en insistant sur la nécessité de se reconstruire. Elle a rappelé que sa souffrance était le fait non seulement de son ex-mari, mais également de tous les autres condamnés dans cette affaire.
L’accusé, Husamettin Dogan, maintient pour sa part une ligne de défense fondée sur l’absence d’intention. Il reconnaît des actes sexuels, mais nie toute volonté de viol, imputant la responsabilité des événements à Dominique Pelicot, qu’il présente comme un manipulateur. Face aux questions précises du président de la cour sur l’état d’inconscience de la victime, l’homme a concédé avoir éprouvé de la honte en quittant les lieux, sans pour autant admettre la qualification pénale retenue.
L’audience a également été l’occasion d’évoquer les répercussions familiales de l’affaire, décrites comme un « tsunami » par l’intéressée. Gisèle Pelicot a par ailleurs pris ses distances avec le statut d’icône qui lui est parfois attribué, préférant se définir comme une femme ordinaire ayant contribué à lever le silence sur des violences sexuelles.
Les débats approchent de leur conclusion. Après les plaidoiries des parties civiles, le ministère public présentera ses réquisitions. La défense est attendue en fin de journée ou demain, avant que la cour ne rende son arrêt. Lors du premier procès, la peine requise contre Husamettin Dogan s’élevait à douze années d’emprisonnement, pour des faits passibles de vingt ans de réclusion criminelle.





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