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Emmanuel Macron préside à Lyon le premier sommet français sur l’approche intégrée de la santé

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Le chef de l’État clôture ce mardi une rencontre internationale consacrée aux liens indissociables entre santé humaine, animale et environnementale, une initiative dont la portée concrète est scrutée dans un contexte de tensions géopolitiques et de contraintes budgétaires.

Le président de la République se trouve ce mardi à Lyon pour la conclusion d’un sommet international articulé autour du concept « Une seule santé ». Cette démarche, qui connaît un essor notable dans le champ de la santé publique, postule que la protection de la santé humaine est inextricablement liée à celle des animaux et des écosystèmes. L’Élysée a souligné en amont de l’événement l’impossibilité de traiter ces dimensions de manière cloisonnée, considérant que l’amélioration durable de la santé des populations passe nécessairement par celle de la planète.

Lancée lundi par un colloque scientifique réunissant plusieurs centaines de chercheurs, la rencontre vise à poser les fondations d’une vision globale de la santé, apte à répondre aux défis sanitaires contemporains. La journée de mardi, marquée par la participation de dirigeants politiques, constitue le temps fort diplomatique de l’événement. Le programme officiel s’organise autour de trois priorités. Il s’agit d’abord de renforcer la coopération internationale, notamment en matière de partage de données et de recherche. La lutte contre les maladies infectieuses d’origine animale, dont la pandémie de Covid-19 a illustré l’urgence, constitue le second axe. Enfin, le sommet aborde la prévention des pathologies non transmissibles, comme le diabète ou les affections cardiovasculaires, auxquelles les facteurs environnementaux contribuent.

Sur le plan protocolaire, la participation étatique reste mesurée. Des ministres d’environnement une vingtaine de pays sont attendus pour des sessions thématiques consacrées aux zoonoses, à la résistance aux antibiotiques, à l’alimentation ou encore aux pollutions. Au niveau des chefs d’État et de gouvernement, outre le président français, seuls les dirigeants du Botswana, du Cambodge, du Ghana et de la Mongolie sont annoncés. L’agenda prévoit pour l’après-midi une séquence de haut niveau incluant une discussion sur la réforme de l’architecture mondiale de la santé, en présence de représentants de l’Organisation mondiale de la santé, avant les allocutions de clôture.

La tenue de ce sommet, le premier du genre organisé par la France après plusieurs éditions des rencontres « Une seule planète », intervient dans un paysage international complexe. L’Élysée reconnaît un contexte où le multilatéralisme est mis à l’épreuve et où les questions sécuritaires dominent souvent l’agenda diplomatique, reléguant les enjeux sanitaires au second plan. Par ailleurs, l’initiative est lancée au moment où Paris, à l’instar d’autres nations développées, procède à une réduction significative de ses financements alloués à la santé mondiale, une orientation qui suscite des critiques. La présidence a invoqué des contraintes budgétaires difficiles, tout en affirmant maintenir un engagement politique sur ces sujets.

Plusieurs organisations non gouvernementales ont exprimé des réserves quant à la cohérence de la démarche. Une alliance d’associations de lutte contre le VIH a dénoncé une incohérence majeure entre la tenue d’un tel sommet et la diminution des moyens financiers. De son côté, Médecins Sans Frontières a estimé que les actions de la France en coulisse contredisaient ses déclarations publiques. Ces réactions illustrent les attentes et les interrogations qui entourent la capacité de ce type de rendez-vous à déboucher sur des avancées tangibles, au-delà des déclarations d’intention.

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