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Duel présidentiel en Bolivie face à une crise économique profonde

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La Bolivie s’apprête à choisir son nouveau président entre deux candidats de droite, dans un contexte de grave crise économique qui met fin à deux décennies de gouvernements socialistes.

Les Boliviens se rendent aux urnes ce dimanche pour un scrutin présidentiel crucial opposant deux figures de la droite. L’ancien chef de l’État par intérim Jorge Quiroga, soixante-cinq ans, affronte le sénateur de centre-droit Rodrigo Paz, héritier d’une dynastie politique influente. Le vainqueur succédera le 8 novembre à Luis Arce, dont le mandat de cinq ans a été marqué par la pire crise économique que le pays ait connue depuis quarante ans.

La situation économique actuelle préoccupe profondément la population. Les exportations de gaz naturel, pilier de l’économie nationale, se sont effondrées en raison d’un manque chronique d’investissements. Cette baisse a épuisé les réserves en devises étrangères et compromis le système de subventions aux carburants. Les conséquences sont visibles partout, des files interminables de véhicules devant les stations-service aux prix qui flambent, avec une inflation annuelle dépassant désormais vingt-trois pour cent.

Les deux candidats proposent des programmes économiques similaires, axés sur une réduction drastique des dépenses publiques et un rôle accru du secteur privé. Quiroga prône une ouverture totale aux marchés internationaux et le recours à de nouveaux crédits, tandis que Paz défend un « capitalisme pour tous » fondé sur la décentralisation et une stricte discipline budgétaire avant tout endettement supplémentaire.

L’effondrement du Mouvement vers le Socialisme, le parti de l’ancien président Evo Morales, a profondément modifié le paysage politique. Son candidat n’a recueilli que trois pour cent des voix au premier tour. Morales lui-même, empêché de se présenter par des limitations constitutionnelles et visé par un mandat d’arrêt, a appelé au vote nul, qui a atteint un niveau record de près de vingt pour cent des suffrages.

Selon les analystes, le prochain gouvernement devra composer avec un Parlement fragmenté où aucun camp ne disposera de majorité absolue. La sociologue Maria Teresa Zegada souligne que cette configuration obligera le futur président à rechercher des consensus. Les observateurs internationaux alertent sur les risques sociaux potentiels si les mesures économiques nécessaires ne s’accompagnent pas d’une protection des populations vulnérables.

Le dernier sondage donne Quiroga favori avec environ quarante-cinq pour cent des intentions de vote, contre trente-six pour cent pour Paz. Cependant, cette avance reste précaire, d’autant que Paz avait créé la surprise lors du premier tour en devançant les pronostics. Près de huit millions d’électeurs sont convoqués pour ce vote obligatoire qui déterminera l’orientation du pays pour les cinq prochaines années.

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