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Des milliers de manifestants en Amazonie pour interpeller la COP30

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Une marée humaine a déferlé dans les rues de Belém ce samedi, portant les revendications des peuples autochtones et des défenseurs du climat vers le cœur des négociations internationales.

Plusieurs milliers de personnes ont parcouru les artères de Belém ce week-end, transformant la ville hôte de la COP30 en une arène citoyenne. Sous une chaleur accablante, cortèges colorés et musiques rythmées ont accompagné cette mobilisation destinée à influencer les discussions officielles sur le climat. Les manifestants, parmi lesquels figuraient de nombreux représentants des communautés autochtones vêtus de leurs parures traditionnelles, entendaient rappeler leurs exigences aux délégations réunies pour la conférence climatique.

Un globe terrestre gonflable de dimensions imposantes dominait le défilé, symbole des enjeux planétaires au centre des préoccupations. Pour Txai Surui, figure émergente du mouvement indigène brésilien, cette mobilisation vise à garantir la concrétisation des engagements existants et à prévenir tout affaiblissement des ambitions, particulièrement dans ce premier sommet climatique organisé en terre amazonienne. La jeune leader a souligné la nécessité d’une pression constante pour éviter les reculs.

Plus loin dans le cortège, Benedito Huni Kuin, membre d’une communauté de l’ouest brésilien, exprimait l’urgence de la situation. « Notre forêt subit une destruction massive, a-t-il déclaré. Notre présence ici depuis l’Amazonie vise à exiger des actions tangibles. » Les revendications s’incarnaient dans des manifestations visuelles frappantes, dont un drapeau brésilien customisé portant l’inscription « Amazonie protégée » et une mise en scène funéraire satirique consacrée aux énergies fossiles, avec cercueils et participantes vêtues de noir.

Le parcours de près de cinq kilomètres à travers cette métropole de 1,4 million d’habitants s’est achevé à proximité immédiate du centre des congrès, strictement sécurisé par des militaires et des barrières. Cette marche mondiale pour le climat a marqué un moment particulier dans l’histoire récente des COP, étant la première depuis 2021 où la société civile pouvait s’exprimer librement sans crainte de répression, contrairement aux éditions précédentes organisées dans des pays aux libertés restreintes.

La présence américaine sous l’administration Trump a influencé les dynamiques de négociation, suscitant des critiques manifestes dans le cortège, où un manifestant déguisé en Oncle Sam dénonçait l’impérialisme. Les soutiens à la cause palestinienne étaient également visibles au sein de la foule.

Les communautés autochtones brésiliennes ont réaffirmé avec force leur demande de participation accrue aux processus décisionnels. Cette revendication s’était déjà exprimée plus tôt dans la semaine par des actions directes, dont l’interruption temporaire de l’accès principal au site officiel et l’obtention de rencontres avec des responsables nationaux concernant la délimitation de leurs territoires.

Tyrone Scott, représentant d’une organisation non gouvernementale britannique, a salué cette mobilisation comme une bouffée d’oxygène face à la rigidité des pourparlers officiels. Alors que les discussions patinent sur des dossiers complexes comme le financement climatique ou les objectifs de réduction d’émissions, la présidence brésilienne de la COP30 s’apprêtait à dévoiler ses propositions de compromis. La venue imminente des ministres, attendus pour donner une impulsion décisive aux négociations, laissait entrevoir la difficile recherche d’un consensus entre près de deux cents pays.

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