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Société

Des familles saisissent la justice pour exiger des expertises indépendantes sur les laits infantiles

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Un collectif de parents assigne l’État et plusieurs fabricants, dénonçant des procédures d’analyse qu’ils jugent insuffisantes et partiales.

Vingt-quatre familles ont engagé des poursuites judiciaires contre l’État et plusieurs industriels du secteur des laits pour nourrissons. Elles reprochent aux autorités et aux fabricants une série de manquements, allant de la mise en danger délibérée au maintien sur le marché de produits potentiellement nocifs, en passant par des entraves présumées à la recherche de la vérité. Cette action collective intervient dans un contexte marqué par plusieurs vagues de rappels de produits, liées à la détection de céréulide, une toxine susceptible de provoquer des troubles digestifs sévères chez les très jeunes enfants.

Regroupées au sein du collectif Intox’Alim, ces familles réclament notamment la réalisation d’expertises indépendantes. Elles souhaitent établir un lien formel entre la consommation de certains laits et les pathologies dont ont souffert leurs enfants. Selon leurs représentants, les procédures actuelles présenteraient des lacunes, nombre de parents étant invités à renvoyer les produits incriminés directement aux fabricants, comme Nestlé, pour analyse. Cette pratique place, selon eux, les industriels en position de juges et parties dans des investigations qui les concernent directement, alors que les capacités des agences sanitaires publiques semblent saturées.

Cette démarche juridique survient alors que deux enquêtes judiciaires distinctes ont été ouvertes à la suite du décès de deux nourrissons. Une information judiciaire est en cours à Bordeaux concernant le cas d’un enfant ayant consommé un lait Guigoz, marque du groupe Nestlé, faisant l’objet d’un rappel. Les premières analyses n’ont pas révélé la présence de la toxine suspectée, mais des examens complémentaires sont attendus. Parallèlement, une procédure a été lancée à Angers après le décès d’une fillette de vingt-sept jours. Les magistrats estiment qu’il est prématuré de conclure à un lien de causalité, un laboratoire ayant été saisi en urgence pour des analyses approfondies. Pour l’heure, seules les poudres des marques Guigoz et Nestlé font l’objet d’investigations officielles dans ce cadre.

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