Planète
Des épaves maritimes renaissent grâce au réemploi
En Camargue, une initiative originale redonne vie aux bateaux abandonnés en transformant leurs pièces en ressources précieuses, alliant écologie et économie circulaire.
Aux abords des zones portuaires camarguaises, des coques désossées et patinées par le temps s’entassent sur des terrains vagues. Ces vestiges de la navigation de plaisance constituent un paysage singulier que des passionnés explorent méthodiquement. Parmi eux, les membres d’une association méditerranéenne parcourent ces lieux en quête d’éléments valorisables, qu’ils récupèrent avant la démolition définitive des embarcations.
Cette démarche s’apparente à un véritable travail de fourmi. Les bénévoles extraient avec soin des composants encore fonctionnels ou transformables, des tableaux de bord aux hublots métalliques, en passant par des portes en bois exotique ou des caillebotis. Ces pièces, une fois remises en état, trouvent une seconde vie auprès de particuliers à des prix accessibles. L’initiative permet d’éviter que des tonnes de matériaux ne deviennent des déchets, tout en offrant une alternative économique à l’achat de produits neufs.
La problématique des navires en fin de vie est particulièrement aiguë en France, où des dizaines de milliers d’unités issues de la plaisance atteignent aujourd’hui un état d’usure avancé. Beaucoup de propriétaires, confrontés à des frais d’entretien prohibitifs, finissent par abandonner leurs bateaux, qui se dégradent progressivement dans les ports. La mise en place récente d’une filière de déconstruction gratuite a constitué une avancée, mais des défis subsistent, notamment concernant le transport des épaves et le traitement des bâtiments sous pavillon étranger.
Dans ce contexte, la valorisation des pièces récupérables représente un enjeu à la fois écologique et économique. Chaque élément réemployé permet de réduire les coûts de destruction et d’alléger l’impact environnemental. Les acheteurs, quant à eux, y trouvent un intérêt certain, comme en témoigne la découverte récente d’un compas de navigation proposé à cinq euros, contre plus de cent euros pour un modèle neuf. Cette approche circulaire ouvre ainsi des perspectives concrètes pour prolonger la durée de vie des équipements nautiques tout en préservant les ressources.
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