Planète
Des champignons pour révolutionner l’emballage durable
Une entreprise bruxelloise transforme les déchets organiques en matériaux biodégradables, ouvrant une nouvelle voie face à la pollution plastique.
Au cœur de Bruxelles, une innovation prometteuse émerge dans le paysage industriel. La société Permafungi développe des solutions d’emballage entièrement constituées de mycélium, cette structure végétative des champignons. Ces matériaux d’un blanc laiteux, légers et personnalisables, représentent une alternative crédible aux produits pétrochimiques traditionnels.
L’entreprise s’est d’abord fait connaître en recyclant le marc de café des établissements bruxellois pour cultiver des champignons comestibles. Forte de cette expertise, elle vient d’inaugurer une unité de production dédiée aux mycomatériaux, présentée comme la première du genre en Europe. Le procédé utilise des résidus organiques locaux, principalement de la sciure de bois, que le mycélium transforme en structures solides après moulage et séchage.
Le fondateur de l’entreprise défend une vision industrielle ancrée dans l’économie circulaire. Il prône une production locale qui s’oppose aux chaînes logistiques mondialisées des emballages conventionnels. Les ressources proviennent notamment de la forêt de Soignes, située à proximité immédiate de la capitale belge.
Ce projet s’inscrit dans un contexte réglementaire favorable, avec l’objectif européen de rendre tous les emballages recyclables d’ici 2030. Permafungi a bénéficié à ce titre d’un soutien financier de l’Union européenne et de la région bruxelloise, complété par un investissement privé suisse. Plusieurs partenariats sont déjà annoncés avec des vignobles, des horlogers et des fabricants de bougies.
Néanmoins, le défi économique reste substantiel. Les observateurs pointent la difficulté à concurrencer les produits issus de la pétrochimie, particulièrement lorsque les cours du pétrole sont bas. La rentabilité devra être démontrée dans les prochaines années pour assurer la pérennité de l’initiative.
Cette installation urbaine symbolise également une reconversion industrielle significative. Elle s’établit à quelques encablures d’une ancienne usine automobile récemment fermée, démontrant la possibilité de créer de nouvelles activités manufacturières en milieu urbain.
Alors que chaque Européen génère près de 190 kilogrammes de déchets d’emballages annuellement, cette innovation biologique pourrait contribuer à réduire l’empreinte environnementale du secteur. L’Union européenne doit d’ailleurs présenter prochainement une stratégie renforcée pour le développement des biomatériaux.
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