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Des champignons pour révolutionner l’emballage

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À Bruxelles, une entreprise pionnière transforme des déchets organiques en matériaux biodégradables, ouvrant une alternative durable aux plastiques pétrochimiques.

Dans un atelier bruxellois, des emballages d’un blanc laiteux, légers comme des plumes, attendent d’emballer des savons de luxe pour des établissements hôteliers. Ces contenants insolites naissent non pas du pétrole, mais du mycélium, la structure racinaire des champignons. La société Permafungi, installée à deux pas de l’ancienne usine Audi désaffectée, défend farouchement cette innovation qu’elle présente comme la première unité européenne dédiée aux mycomatériaux.

Le processus de fabrication puise son inspiration dans l’économie circulaire. L’entreprise récupère des résidus végétaux délaissés par l’industrie, principalement de la sciure de bois, qu’elle place dans des moules. Le mycélium, en se développant, digère ces déchets et épouse progressivement la forme souhaitée. La matière obtenue, dont la texture évoque le tofu, est ensuite séchée avant d’être expédiée aux clients.

Cette approche industrielle s’inscrit dans un contexte réglementaire favorable. L’Union européenne exige que tous les emballages soient recyclables d’ici 2030, une échéance qui légitime les recherches sur les biomatériaux. Permafungi a ainsi bénéficié de subventions européennes et régionales totalisant deux millions d’euros, complétées par un investissement d’un million provenant d’un fonds suisse spécialisé dans les projets à impact environnemental.

Pourtant, le chemin vers la rentabilité reste semé d’embûches. L’entreprise, qui emploie douze personnes, reconnaît devoir atteindre l’équilibre financier dans les cinq prochaines années pour assurer sa pérennité. Son dirigeant mise sur un portefeuille croissant de clients, incluant désormais des vignobles, des horlogers et des fabricants de bouilles, avec l’ambition de tripler son chiffre d’affaires d’ici trois ans.

Les observateurs du secteur rappellent que les innovations autour des champignons, régulièrement annoncées depuis vingt ans, peinent souvent à passer à l’échelle industrielle. Le principal défi réside dans la compétitivité face aux produits pétroliers, dont les coûts de production demeurent inférieurs. La stratégie européenne sur la bioéconomie, attendue prochainement, pourrait néanmoins modifier cette équation en favorisant les filières durables.

Au-delà de son innovation technique, ce projet symbolise une réindustrialisation urbaine. Alors que l’Europe subit des fermetures d’usines, Permafungi s’installe en pleine ville, utilisant des ressources locales comme les champignons de la forêt de Soignes. Une démonstration concrète que l’avenir industriel pourrait s’écrire avec des solutions biologiques plutôt qu’avec des dérivés fossiles.

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