Monde
Des avocats dans l’impasse face à la détention arbitraire de Vénézuéliens au Salvador
Une poignée de défenseurs des droits humains se heurtent à l’opacité totale des autorités salvadoriennes et américaines, dans un dossier où près de 300 ressortissants vénézuéliens croupissent sans procès.
Depuis mars dernier, 252 Vénézuéliens expulsés des États-Unis sont détenus dans le Centre de confinement du terrorisme (CECOT), une prison ultra-sécurisée du Salvador. Les gouvernements américain et salvadorien les accusent d’appartenir au gang Tren de Aragua, sans fournir la moindre preuve ni même révéler leur identité. Les avocats et ONG qui tentent de les défendre se retrouvent face à une impasse juridique.
Les images de ces hommes à genoux, menottés et tête rasée, diffusées lors de leur transfert, ont alerté plusieurs organisations de défense des droits humains. Mais leurs démarches se heurtent systématiquement au silence des institutions. Les demandes d’accès au dossier, aux détenus ou à l’accord secret entre Nayib Bukele et Donald Trump restent sans réponse. Les recours en justice, au nombre de 70, ont tous été rejetés.
L’ONG Cristosal, en première ligne, a constitué une base de données avec l’aide des familles, permettant d’identifier 152 détenus. Selon leurs recherches, 90 % n’ont aucun casier judiciaire. Pourtant, ils subissent le même régime que les membres de gangs locaux incarcérés sous le régime d’exception en vigueur depuis 2022. Aucun contact avec l’extérieur n’est autorisé, pas même avec leurs avocats.
La situation s’est encore compliquée avec l’arrestation, en mai, de Ruth Lopez, avocate de Cristosal. Spécialiste des questions anticorruption, elle enquêtait sur ce qu’elle qualifiait de « disparitions forcées ». Son interpellation, pour des motifs flous, a envoyé un signal clair aux autres défenseurs des droits humains.
Les proches des détenus, venus spécialement du Venezuela, n’ont pu obtenir la moindre « preuve de vie ». Le Salvador justifie cette détention par un accord financier avec Washington, qui verserait six millions de dollars pour cet « hébergement carcéral ».
Pour les avocats, cette affaire dépasse le cadre national. Ils préparent désormais des recours devant les instances internationales, estimant que le Salvador se rend coupable de violations graves pouvant relever de crimes contre l’humanité. Mais dans l’immédiat, les détenus vénézuéliens restent pris au piège d’un système où toute transparence est inexistante.
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