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Chili face à son destin présidentiel

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Les électeurs chiliens ont choisi dimanche leur futur président lors d’un scrutin où les préoccupations sécuritaires et la question migratoire ont dominé les débats.

Les bureaux de vote ont fermé leurs portes dimanche soir au Chili, marquant la fin d’une journée électorale cruciale pour l’avenir politique du pays. Plus de quinze millions six cent mille citoyens étaient convoqués aux urnes pour désigner leur nouveau président parmi huit prétendants, lors d’un processus électoral obligatoire qui a vu se former des files d’attente devant les centres de vote.

La consultation oppose principalement Jeannette Jara, candidate de la coalition de centre-gauche au pouvoir, et José Antonio Kast, figure de la droite conservatrice. Les derniers sondages accordaient une légère avance à la candidate gouvernementale, mais suggéraient qu’elle pourrait être devancée au second tour en raison des reports de voix entre les différentes formations de droite.

Cette élection revêt une importance particulière car elle pourrait marquer le retour au pouvoir de la droite radicale pour la première fois depuis la fin du régime militaire d’Augusto Pinochet en 1990. La campagne a été largement dominée par les questions de sécurité intérieure et de contrôle migratoire, reflétant les préoccupations d’une partie croissante de la population.

Bien que le Chili demeure l’une des nations les plus sûres du continent américain, la délinquance y a connu une augmentation sensible ces dernières années. Le nombre d’homicides a plus que doublé en dix ans, passant de 2,5 à 6 pour cent mille habitants, tandis que les enlèvements ont augmenté de soixante-seize pourcents l’an dernier selon les chiffres officiels.

La candidate de centre-gauche, ancienne ministre du Travail âgée de cinquante-et-un ans, a surpris en adoptant un discours ferme sur les questions sécuritaires. Elle a défendu un contrôle renforcé des frontières tout en mettant en garde contre les risques d’une politique basée sur la peur. Son adversaire conservateur, qui se présente pour la troisième fois à la magistrature suprême, propose quant à lui des mesures plus radicales incluant l’expulsion des migrants en situation irrégulière et la construction d’un mur frontalier.

Le débat sur l’immigration occupe une place centrale dans la campagne, avec près de trois cent trente-sept mille étrangers en situation irrégulière recensés sur le territoire, majoritairement originaires du Venezuela. Une proportion significative de la population établit un lien entre l’augmentation de la criminalité et l’immigration non régularisée.

Cette élection constitue un test important pour la gauche sud-américaine, récemment affaiblie par des défaites électorales en Argentine et en Bolivie. Le scrutin présidentiel s’accompagne du renouvellement de la Chambre des députés et de la moitié des sièges du Sénat, dessinant ainsi la nouvelle configuration politique du pays pour les prochaines années.

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