Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Athènes débloque 2,5 milliards d’euros pour affronter la crise hydrique

Article

le

Le gouvernement grec active un plan décennal face à l’aggravation des pénuries d’eau, qui menace la capitale et les îles touristiques. Une stratégie d’urgence se met en place pour sécuriser les ressources.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a présenté un programme de 2,5 milliards d’euros étalé sur dix ans, destiné à renforcer les infrastructures hydrauliques du pays. Cette annonce intervient dans un contexte de raréfaction croissante des réserves, particulièrement sensible dans le bassin athénien et plusieurs destinations insulaires. Le dirigeant a souligné la nécessité de se préparer à des scénarios défavorables, écartant toute approche fondée sur la seule anticipation de précipitations.

L’Attique, région de 4,4 millions d’habitants, ainsi que Thessalonique et de nombreuses îles des Cyclades, font face à un stress hydrique grandissant. Le ministre de l’Énergie et de l’Environnement a précisé que le plan inclura la construction d’ouvrages structurants pour consolider les réservoirs alimentant Athènes, ainsi que le déploiement d’unités de dessalement dans les zones insulaires.

Les données officielles confirment une dégradation continue. Les réserves nationales ont diminué de près de 250 millions de mètres cubes annuels depuis 2022, tandis que les précipitations ont reculé de 25 % et l’évaporation augmenté de 15 %. La Grèce occupe désormais la 19e place mondiale en termes de risque de pénurie d’eau, se classant juste après Chypre pour le stress hydrique en Europe méridionale.

Le lac de Mornos, principale réserve en eau de l’Attique, illustre cette dynamique préoccupante. Sa superficie est passée de 14–15 km² à seulement 8 km², un niveau historiquement bas. Des bâtiments du village submergé de Kallio sont réapparus, signe tangible de l’assèchement progressif. Les scientifiques alertent sur la nécessité de précipitations abondantes d’ici la fin de l’année pour éviter une situation critique au printemps.

Outre les effets du changement climatique, les autorités pointent un gaspillage persistant de la ressource. Les pertes dans les réseaux de distribution atteignent jusqu’à 50 % à l’échelle nationale. Le ministre a cité en exemple les modèles de gestion en vigueur à Singapour et en Israël, où l’eau est réutilisée à plusieurs reprises. Certaines municipalités insulaires dénoncent par ailleurs une surconsommation liée aux piscines et à l’arrosage des espaces verts.

Face à cette situation, des campagnes de sensibilisation ont été lancées durant l’été 2024, invitant les habitants à modérer leur usage. La Grèce, qui a connu cette année son été le plus chaud depuis le début des relevés, doit désormais conjuguer adaptation climatique et modernisation de ses infrastructures hydrauliques pour garantir son approvisionnement futur.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus