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Société

Anthropic dénonce des pratiques d’ingénierie inversée par des acteurs chinois de l’intelligence artificielle

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_**La société américaine affirme que plusieurs entreprises, dont DeepSeek, ont systématiquement exploité son assistant Claude pour développer leurs propres technologies, soulevant des questions éthiques et stratégiques.**_

Anthropic a rendu publique une analyse détaillée mettant en cause plusieurs sociétés chinoises spécialisées dans l’intelligence artificielle. Selon le constructeur américain, ces entités auraient orchestré une campagne d’envergure pour extraire des connaissances techniques de son assistant conversationnel Claude. Cette révélation fait suite à des accusations similaires formulées récemment par OpenAI, illustrant les tensions croissantes dans un secteur en pleine course à l’innovation.

L’entreprise californienne identifie notamment les firmes DeepSeek, Moonshot AI et MiniMax. Elle estime que ces acteurs ont créé des dizaines de milliers de comptes afin d’interroger massivement son système. Les échanges auraient dépassé les seize millions de requêtes, dans ce qui ressemble à une opération de collecte méthodique de données.

La technique mise en œuvre, communément appelée « distillation », consiste à former un modèle moins performant en s’appuyant sur les sorties d’un système plus avancé. Si cette pratique est courante et légitime pour optimiser ses propres créations, Anthropic souligne qu’elle peut franchir la ligne de l’appropriation lorsqu’elle est employée par des tiers pour reproduire une technologie sans en supporter les coûts de recherche et développement initiaux.

Le dossier présenté par Anthropic va plus loin en suggérant des motivations dépassant le seul gain technologique. L’entreprise rapporte que des développeurs associés à DeepSeek se seraient particulièrement intéressés à la manière dont Claude traitait des questions politiques sensibles, notamment celles touchant à la dissidence ou aux régimes autoritaires. L’objectif présumé serait d’apprendre à contourner les mécanismes de modération pour aligner les réponses sur des cadres réglementaires spécifiques.

Ces allégations interviennent à un moment charnière, alors que DeepSeek s’apprête selon les rumeurs du secteur à dévoiler la prochaine version de son modèle. La firme chinoise avait déjà marqué les esprits début 2025 en présentant un système aux performances remarquables, tout en revendiquant un budget de développement bien inférieur à ceux des géants américains. La polémique actuelle jette une lumière crue sur les méthodes qui pourraient expliquer de tels écarts de coûts.

Au-delà du différend commercial, cette affaire met en relief les défis de gouvernance posés par l’intelligence artificielle. Elle questionne les limites de l’inspiration technique et la frontière, parfois ténue, entre l’émulation légitime et l’extraction non autorisée de savoir-faire. La communauté technologique suit désormais les éventuelles suites juridiques ou réglementaires que pourraient entraîner ces révélations.

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