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Société

Affaire Bouygues : un milliardaire et quatre complices jugés pour braconnage organisé en Sologne

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Une enquête révèle un système de destruction massive d’oiseaux protégés dans un domaine de chasse appartenant à l’héritier du groupe Bouygues. Le procès est prévu pour mars 2026.

Cinq individus, dont Olivier Bouygues, héritier de l’empire industriel éponyme, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel d’Orléans pour des actes de braconnage à grande échelle sur un domaine privé de Sologne. Les accusations portent sur la destruction délibérée d’espèces aviaires protégées, une affaire qualifiée de « particulièrement grave » par les autorités judiciaires.

Les investigations ont débuté après une plainte anonyme déposée en 2025, alertant sur des pratiques illégales au sein d’une propriété de 600 hectares située à La Ferté-Saint-Aubin. Des perquisitions ont permis de découvrir un charnier contenant des carcasses d’oiseaux rares, dont des faucons crécerelles, des grands cormorans et des buses variables. Du matériel prohibé, comme des pièges à mâchoires et des armes non déclarées, a également été saisi, ainsi que des documents attestant d’un système organisé de primes liées à l’élimination d’animaux.

Les prévenus, qui incluent le propriétaire du domaine et son régisseur, risquent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende. Bien que certains nient les faits, les enquêteurs ont établi que ces agissements duraient depuis plusieurs années, avec une recrudescence au printemps, période critique pour la nidification.

Plusieurs associations environnementales, dont la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), ont annoncé leur intention de se porter parties civiles. Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO, a dénoncé « un réseau motivé par le profit, au mépris total de la biodiversité ». France Nature Environnement a quant à elle souligné le caractère exceptionnel de cette procédure, rappelant que de nombreux dossiers similaires n’aboutissent jamais faute de moyens.

L’entourage d’Olivier Bouygues a refusé de commenter l’affaire, invoquant le secret de l’instruction. L’audience, prévue dans deux ans, s’annonce comme un test pour la justice environnementale française.

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