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Aden, capitale de l’exil, étouffe sous le poids de l’afflux massif

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La ville portuaire du Yémen, devenue refuge pour des centaines de milliers de personnes, voit ses infrastructures et sa cohésion sociale au bord de l’effondrement.

La métropole d’Aden, désignée comme siège du gouvernement yéménite, subit de plein fouet les conséquences d’une décennie de conflit. L’afflux continu de populations déplacées, fuyant les zones de combats, a provoqué une pression démographique insoutenable pour cette cité aux ressources limitées. Les services publics, déjà fragilisés avant la guerre, sont aujourd’hui à bout de souffle, confrontés à des pénuries chroniques d’électricité et d’eau courante.

L’urbanisme de la ville porte les marques visibles des années de violence, avec des bâtiments endommagés et des quartiers en ruine. Cette dégradation du cadre de vie s’accompagne d’une saturation généralisée. La population, qui a plus que doublé en vingt ans, doit composer avec des coupures de réseau récurrentes et une raréfaction des biens essentiels. Pour de nombreux habitants, le partage des maigres réserves avec les nouveaux arrivants aggrave une situation déjà tendue.

En périphérie, des camps de fortune ont surgi, accueillant ceux qui ne peuvent plus se loger dans un marché immobilier où les loyers ont flambé. Les conditions de vie y sont précaires, marquées par l’absence d’équipements de base et la dépendance à une aide humanitaire qui peine à couvrir tous les besoins. Des familles entières survivent avec des revenus dérisoires, dans un dénuement qui compromet l’accès à la nourriture, aux soins et à l’éducation.

La crise économique nationale, caractérisée par un effondrement monétaire et l’arrêt des exportations d’hydrocarbures, exacerbe les difficultés locales. Même les quartiers autrefois préservés ne sont plus épargnés par la pauvreté. L’ensemble du tissu social montre des signes d’épuisement, dans un contexte où la gouvernance peine à apporter des réponses structurelles.

Les observateurs internationaux alertent sur le risque d’un effondrement complet des services urbains. La ville, confrontée à des défis sanitaires et logistiques majeurs, illustre l’impasse dans laquelle se trouve plongé le pays, malgré une accalmie relative des hostilités directes. La communauté humanitaire estime que plus de la moitié de la population yéménite reste dépendante d’une assistance extérieure pour sa survie quotidienne.

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