Culture
Ce bassin de Washington devait être bleu drapeau, il est devenu vert fluo
Sur ordre de Donald Trump, le bassin du Lincoln Memorial a été repeint en « bleu drapeau américain » pour les 250 ans de l’Indépendance. Résultat : l’eau…


Sur ordre de Donald Trump, le bassin du Lincoln Memorial a été repeint en « bleu drapeau américain » pour les 250 ans de l’Indépendance. Résultat : l’eau est désormais verte, infestée d’algues, et les touristes déchantent.
C’était censé être une vitrine flambant neuve pour le 4 juillet 2026. Le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial, l’un des symboles les plus photographiés de Washington, devait renvoyer l’image parfaite du Washington Monument dans une eau d’un « bleu drapeau » immaculé. Sauf que la nature en a décidé autrement. À peine les travaux de rénovation achevés, les algues ont envahi le plan d’eau, transformant ce miroir patriote en une sorte de soupe verdâtre où barbotent des canetons.
Les touristes, venus du monde entier, tombent de haut. Farrah Lu, une touriste chinoise, plaisante en disant qu’elle mettra un filtre sur sa photo pour cacher les algues. Ravi Desai, un Australien de passage, avoue sa déception : il s’attendait à voir le monument se refléter, comme le nom du bassin l’indique. Même constat pour Kevin Im, un Californien, qui s’interroge sur l’entretien du site. « On est quand même dans la capitale des États-Unis », lâche-t-il, un brin amer. Certains, comme Nicole Leguillow, originaire de Virginie, relativisent en disant que le vert « ça va », mais elle pointe surtout le coût faramineux de l’opération.
Car ce qui devait être un coup d’éclat esthétique s’est transformé en controverse. Le chantier, estimé à environ 14 millions de dollars, a été confié sans appel d’offres à une entreprise ayant déjà travaillé sur un club de golf de Donald Trump. Ce dernier avait pourtant promis sur son réseau Truth Social que les matériaux utilisés « pourraient durer cent ans ». Sur place, les équipes du National Park Service s’activent avec des épuisettes, des aspirateurs et un système d’ozone par nanobulles pour tenter de redonner à l’eau sa couleur bleue, sans nuire à la faune. Un ranger prévient : « On ne sait pas comment ça va évoluer, ça change très vite ». La promesse d’un retour à la normale « la semaine prochaine » semble bien fragile. Le bassin qui a vu Martin Luther King prononcer son légendaire « I have a dream » est aujourd’hui le théâtre d’un remake bien moins glorieux.
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