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Culture

Une magistrate dévoile les coulisses de la justice dans un polar

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Plongée dans le quotidien des procureurs, ces « gens ordinaires aux pouvoirs extraordinaires », à travers le premier roman d’une substitut du parquet devenue écrivaine.

Le monde judiciaire, souvent perçu comme austère et distant, trouve une voix singulière à travers la plume d’une magistrate en exercice. Valentine Vendôme, substitut du procureur en région parisienne, publie un premier roman policier qui transpose son expérience du parquet. Intitulé « Panthères », l’ouvrage propose une immersion dans les arcanes de l’institution, loin des clichés habituels.

L’autrice, qui a choisi ce pseudonyme en référence au quartier parisien où siègent à la fois le ministère de la Justice et des enseignes de luxe, constate une méconnaissance persistante du rôle du procureur. Elle souligne que la fiction policière néglige généralement ce personnage central, pourtant essentiel dans la conduite des enquêtes. Son récit comble ce vide en suivant les investigations de son héroïne, une vice-procureure confrontée à une affaire criminelle complexe.

Le roman dépeint sans fard la réalité du métier, ses interactions avec les autres acteurs de la chaîne judiciaire et son lot de dossiers éprouvants. L’objectif est de montrer des magistrats ancrés dans le concret, bien éloignés de l’image d’une fonction désincarnée. L’écriture devient un moyen d’exorciser la violence et la brutalité auxquelles ces professionnels sont quotidiennement exposés, et dont ils ne sortent jamais tout à fait intacts.

Pour incarner cette vision, Valentine Vendôme a créé un personnage principal féminin, jeune et passionné de mode, en phase avec la démographie actuelle de la magistrature. Elle explore ainsi la question de l’exercice de l’autorité judiciaire par des femmes, et la manière dont les blessures personnelles peuvent interférer avec la mission de rendre la justice.

L’autrice confie puiser sa force dans des univers culturels variés, de la littérature au cinéma en passant par le rap, qu’elle écoute parfois avant des audiences difficiles. Elle apprécie la capacité de ce genre musical à condenser une vérité en une formule percutante, qu’elle n’hésite pas à citer à l’audience.

Son manuscrit a retenu l’attention de l’écrivain Michel Houellebecq, connu pour son intérêt pour les questions judiciaires. Il lui a proposé une relecture de son texte, une collaboration que la magistrate a acceptée. Elle suppose que les passages décrivant une procureure à la personnalité fougueuse et sensuelle ont particulièrement séduit l’auteur.

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