Planète
Des bactéries pour purifier l’air des rizières thaïlandaises
Face au smog saisonnier qui étouffe régulièrement le pays, une alternative biologique au brûlis des chaumes de riz émerge, promettant d’améliorer à la fois la qualité des sols et celle de l’atmosphère.
La pratique ancestrale de l’écobuage, longtemps privilégiée par les riziculteurs pour éliminer rapidement les résidus de culture, est aujourd’hui dans le collimateur des autorités. Chaque année, entre janvier et avril, les fumées issues de l’incinération des chaumes, conjuguées à d’autres sources de pollution, plongent de vastes régions dans un brouillard nocif pour la santé publique. Les interdictions, bien que renforcées, se heurtent à la réalité économique des exploitants, pour qui cette méthode reste la moins coûteuse.
Une innovation scientifique pourrait cependant modifier la donne. Des chercheurs ont mis au point des solutions microbiennes capables de dégrader la paille de riz en quelques jours seulement. Appliquées sur les champs après la récolte, ces bactéries spécifiques accélèrent la décomposition naturelle des résidus, éliminant ainsi la nécessité d’y mettre le feu. Pour des agriculteurs pionniers comme Siriporn et Amnat Taidee, dans la province de Chiang Rai, l’adoption de ce procédé s’est traduite par des bénéfices tangibles. Ils observent une terre plus aérée, une réduction de leur dépendance aux engrais chimiques et une nette amélioration de leurs rendements.
Le produit, commercialisé sous le nom de « Soil Digest », est le fruit des travaux du scientifique Wichien Yongmanitchai. Ce dernier a sélectionné et cultivé des souches bactériennes locales, optimisées pour l’environnement des rizières. Selon ses essais, le traitement réduit de plusieurs semaines le temps nécessaire à la préparation des parcelles et pourrait simultanément augmenter la productivité et diminuer les émissions de méthane. La demande pour ce type de solution connaît une croissance significative, poussée par la réglementation environnementale.
La transition, cependant, n’est pas sans obstacles. Si certaines provinces subventionnent ces traitements biologiques, l’offre publique peine à suivre. Sur le marché privé, le coût peut représenter un frein pour de petites exploitations, malgré les économies réalisées à moyen terme sur les intrants. Des agriculteurs comme Samart Atthong, dans la région de Pathum Thani, ont investi dans l’épandage par drone, convaincus de la rentabilité à long terme d’un sol régénéré.
Les experts reconnaissent le potentiel de cette biotechnologie, mais soulignent qu’elle ne constitue qu’une pièce du puzzle. Pour opérer un changement d’échelle et toucher les millions de riziculteurs du royaume, une politique agricole intégrée est indispensable. Elle devra combiner incitations financières, accès facilité au matériel et programmes de formation. Sans cet accompagnement structurel, le recours au brûlis, solution de facilité immédiate, risque de perdurer. L’enjeu dépasse les frontières thaïlandaises, ouvrant la perspective d’une application dans d’autres zones rizicoles d’Asie du Sud-Est confrontées à des défis similaires.
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