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L’ombre d’un scandale s’étend sur la Moncloa

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_**L’ouverture du procès de l’ancien ministre José Luis Ábalos, figure historique du socialisme espagnol, place le gouvernement de Pedro Sánchez sous une pression judiciaire et politique intense.**_

L’audience s’est ouverte ce mardi devant le Tribunal suprême de Madrid. José Luis Ábalos, qui fut ministre des Transports entre 2018 et 2021 et un artisan clé de la reconquête du pouvoir par Pedro Sánchez, est accusé de corruption, de détournement de fonds et d’appartenance à une organisation criminelle. Les faits reprochés concernent des contrats attribués pour l’achat de matériel sanitaire durant la pandémie de Covid-19.

Cette procédure constitue la première affaire de cette ampleur impliquant directement l’exécutif socialiste depuis son arrivée au pouvoir. Le contexte politique rend l’épisode particulièrement sensible, à quelques semaines d’un scrutin régional en Andalousie où la gauche pourrait subir un revers. L’opposition de droite, emmenée par le Parti populaire, exploite sans relâche ce dossier, exigeant des comptes de la part du chef du gouvernement.

L’ancien ministre, qui clame son innocence, comparaît aux côtés de son ancien conseiller et d’un homme d’affaires. Le parquet, qui a requis jusqu’à vingt-quatre ans de réclusion, dénonce un « pacte criminel » visant à un enrichissement personnel via le détournement de marchés publics. L’enquête a également mis au jour des enregistrements aux propos crus évoquant des rendez-vous avec des prostituées, éléments qui ternissent un peu plus l’image d’une formation se revendiquant féministe.

Le procès, qui pourrait durer plusieurs semaines et mobilisera de nombreux témoins, n’abordera pas dans l’immédiat les autres ramifications de cette affaire. Une procédure distincte vise en effet Santos Cerdán, successeur d’Ábalos au sein de la direction du PSOE, lui aussi mis en examen pour corruption. Ces deux hommes, avec d’autres, avaient joué un rôle déterminant dans le retour de Pedro Sánchez à la tête du parti en 2017, un épisode connu sous le nom de « tournée de la Peugeot ».

Le Premier ministre a fermement nié toute connaissance des agissements incriminés et a pris ses distances avec les accusés après les mises en examen. Il affirme que son parti n’a bénéficié d’aucun financement illégal. Cette affaire s’ajoute à d’autres soucis judiciaires pour l’entourage du président du gouvernement, son frère et son épouse faisant l’objet de poursuites dans des dossiers distincts. L’actualité judiciaire promet ainsi de peser durablement sur le paysage politique espagnol.

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